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Recherche, Science & Santé

Vers une meilleure compréhension de l'inflammation dans la maladie de Parkinson

Publié le : 31/05/2017 Temps de lecture : 1 min
cerveau
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Une étude d’une équipe de l’Institut du Cerveau – ICM s’est penchée sur l’infiltration et les effets d’un type particulier de cellules immunitaires au niveau de la substance noire, la zone principalement touchée dans la maladie de Parkinson.

Une des principales caractéristiques de la maladie de Parkinson est la dégénérescence progressive des neurones producteurs de dopamine, ou dopaminergiques, au niveau de la substance noire dans le cerveau.

La dégénérescence de ces neurones déclenche une réaction inflammatoire dans le cerveau. Au cours de ce processus, des molécules appelées « chimiokines » sont produites sur le site de l’inflammation. Elles vont attirer, au niveau de la zone inflammée, des cellules immunitaires circulant dans le sang lesquelles possèdent des « récepteurs » spécifiques de ces facteurs. Ce processus entraîne ainsi l’infiltration de cellules immunitaires périphériques au niveau du système nerveux central.

Dans ce cadre, les chercheurs de l’Institut du Cerveau – ICM se sont intéressés, dans un modèle expérimental de la maladie de Parkinson, aux monocytes, un type spécifique de cellules immunitaires dont l’infiltration dans le cerveau et le rôle dans la dégénérescence des neurones dopaminergiques est peu connu.

La principale raison de ce manque de données provient d’une limitation technique. Il était très difficile de différencier de manière fiable les monocytes « infiltrés » provenant du sang, de la microglie, les cellules immunitaires « résidentes » du cerveau. De récentes découvertes ont permis de distinguer ces deux populations et ont fourni de nouveaux outils pour leur étude.

Les monocytes sanguins présentent classiquement à leur surface un « récepteur » nommé CCR2, on note ces monocytes CCR2+. Ce récepteur va répondre au « ligand chimiokinique » CCL2. Ainsi lorsque CCL2 est présent au site inflammatoire, les monocytes qui possèdent le récepteur CCR2 vont être attirés vers le lieu où est produit CCL2 c’est-à-dire là où les neurones dégénèrent.

Les résultats des chercheurs montrent qu’il y a bien une infiltration de monocytes CCR2+ dans la substance noire lorsque les neurones dégénèrent, mais qu’elle reste limitée et ne participe pas à la mort de ces neurones.

Quant à la source du ligand CCL2, nécessaire pour l’infiltration des monocytes, ils ont mis en évidence qu’elle provenait des astrocytes, des cellules de soutien du système nerveux central. Les chercheurs montrent qu’une production trop importante de CCL2 par les astrocytes conduit a un effet neurotoxique associé à une infiltration massive de monocytes CCR2+. Pour prévenir cet effet, l’induction de CCL2 par les astrocytes est contrôlée par la microglie, les macrophages « résident » dans le cerveau.

Dans leur ensemble, ces résultats suggèrent un mécanisme microglial qui protégerait les neurones de la sur-induction de CCL2 par les astrocytes contrôlant ainsi l’infiltration cérébrale de monocytes neurotoxiques.

Sources

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28320442/
Parillaud VR, Lornet G, Monnet Y, Privat AL, Haddad AT, Brochard V, Bekaert A, de Chanville CB, Hirsch EC, Combadière C, Hunot S, Lobsiger CS. J Neuroinflammation. 2017 Mar 21;14(1):60.
Pour suivre toutes les actualités de l’Institut du Cerveau – ICM : https://institutducerveau-icm.org/fr/newsletter/

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