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Recherche, Science & Santé

L’origine du syndrome de Lance-Adams enfin élucidée

Dernière mise à jour : 02/07/2025 Temps de lecture : 1 min
Le cortex moteur
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Décrites pour la première fois il y a 60 ans, les myoclonies chroniques consécutives à une anoxie cérébrale sont aujourd’hui appelées « syndrome de Lance-Adams ». Il s’agit d’un trouble grave, dont les mécanismes étaient jusqu’alors peu connus. Geoffroy Vellieux, Vincent Navarro et leurs collègues à l’Institut du Cerveau montrent aujourd’hui que cette maladie trouve son origine dans le cortex moteur. Leurs travaux sont publiés dans la revue Neurology.

Le syndrome de Lance-Adams (LAS) est une maladie grave qui survient après une privation d’oxygène prolongée du cerveau – l’anoxie cérébrale – par exemple à la suite d’un arrêt cardiaque. Lorsque les patients reprennent conscience après un séjour en réanimation, ils sont affectés par des secousses musculaires appelées myoclonies, qui surviennent au repos ou pendant un mouvement. Ces symptômes parasitent tous les gestes de la vie quotidienne et peuvent être à l’origine de chutes fréquentes. Mais surtout, ils persistent dans le temps – installant un handicap durable.

Ce syndrome est relativement rare, puisqu’il affecte seulement 0.5% des patients qui présentent des myoclonies après une anoxie cérébrale. Même si nous connaissions ce syndrome depuis longtemps, les mécanismes pathologiques sous-jacents demeuraient un mystère 

Geoffroy Vellieux Neurophysiologiste, qui a réalisé sa thèse sur ce sujet à l’Institut du Cerveau

La plus grande cohorte jamais constituée

La compréhension de la physiopathologie de la maladie est indispensable pour développer des approches thérapeutiques efficaces. Mais dans le cas du syndrome de Lance-Adams, les chercheurs étaient confrontés à un obstacle de taille:  les secousses musculaires des patients sont très brèves (quelques millisecondes), parfois à peine perceptibles, ce qui rend difficile leur observation et leur interprétation clinique. 

De plus, même si l’électroencéphalographie (EEG) était déjà utilisée par les cliniciens dès les premières études sur le LAS dans les années 60, elle ne permet pas de distinguer précisément l’origine des anomalies cérébrales.

Pour éclairer ces incertitudes, les chercheurs de l’équipe « Épilepsie clinique et expérimentale » co-dirigée par le Pr Vincent Navarro (AP-HP, Sorbonne Université), ont étudié 18 patients pris en charge à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière – une cohorte importante pour une maladie rare et la plus grande jamais constituée dans cette pathologie. 

Grâce à des examens neurophysiologiques et neuroradiologiques très approfondis (dont l’électromyographie, l’électroencéphalographie et la tomodensitométrie par émission de positons), l’équipe a montré que les myoclonies des patients trouvent majoritairement leur origine dans le cortex cérébral, et plus précisément au sein du cortex moteur.

« Ces résultats confirment l’intuition initiale de Raymond Adams et James Lance, les neurologues qui ont donné leur nom à la maladie en 1963 », précise Vincent Navarro. 

De nouvelles pistes thérapeutiques

Au sein de la cohorte, 11 patients présentaient également des crises d’épilepsie. Étonnamment, pour 8 d’entre eux, les myoclonies étaient fortement réduites à la suite de ces crises. « Grâce à cette observation, nous avons proposé à une patiente une électroconvulsivothérapie – qui consiste à délivrer un stimulus électrique à travers le cerveau – afin de reproduire les crises d’épilepsie de manière contrôlée. Le traitement a permis d’atténuer nettement ses symptômes, qui résistaient aux médicaments », ajoute le chercheur.

Cette observation ouvre la voie à de nouvelles stratégies pour moduler l’activité corticale anormale. 

Enfin, les chercheurs souhaitent réaliser de nouvelles études pour pointer précisément quelles populations et réseaux de neurones, au sein du cortex moteur, provoquent la cascade de signaux à l’origine des myoclonies – dans le but de proposer de nouveaux traitements, médicamenteux ou non, capables d’améliorer la qualité de vie des patients. 

Financement

Cette étude a été financée par le programme « Investissements d’avenir » et la Fondation AP-HP.

Sources

Vellieux, G., et al. Multimodal Assessment of the Origin of Myoclonus in Lance-Adams Syndrome. Neurology, Décembre 2024. DOI: 10.1212/WNL.0000000000209994. 

Vellieux G., et al. Effectiveness of electroconvulsive therapy in Lance-Adams syndrome. Brain Stimulation. Mars 2023. DOI: 10.1016/j.brs.2023.03.004.

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