Aller au contenu principal

Soit 34,00 après déduction fiscale de 66%

Je fais un don mensuel Je fais un don IFI
Recherche, Science & Santé

Validation clinique d’un algorithme d’apprentissage automatique pour le diagnostic des syndromes parkinsoniens

Publié le : 08/12/2020 Temps de lecture : 1 min
Visualisation d'un algorithme
Retour à la recherche

Des chercheurs et cliniciens de l’Institut du Cerveau à l’Hôpital Pitié-Salpêtrière AP-HP ont validé l’utilisation en clinique d’un algorithme d’apprentissage automatique (machine learning) utilisant des données d’imagerie par résonance magnétique (IRM) permettant de distinguer des sujets atteints de différents syndromes parkinsoniens, comme la maladie de Parkinson, la paralysie supranucléaire progressive ou encore l’atrophie multi-systématisée. Les résultats sont publiés dans la revue Movement Disorders.

Les syndromes parkinsoniens d’origine dégénérative comprennent la maladie de Parkinson sporadique (MP), représentant plus de 80% des cas, et des maladies dites atypiques, qui incluent la paralysie supranucléaire progressive (PSP) et l’atrophie multi-systématisée (AMS). Distinguer ces maladies est souvent difficile en raison d’un recouvrement des signes cliniques, notamment à la phase initiale de la maladie. Or un diagnostic correct est crucial en vue d’une prise en charge adéquate des patients et avant inclusion dans des essais thérapeutiques.

A l’heure actuelle, le diagnostic repose sur des critères cliniques. Si la précision diagnostique de la maladie de Parkinson a beaucoup progressé ces dernières années, celle des pathologies apparentées reste limitée. Ces maladies sont caractérisées, sur le plan neuropathologique, par des patterns d’atteinte spécifiques qu’il est possible de détecter en IRM multimodale. Des études menées en milieu de recherche ont montré que des algorithmes d’apprentissage automatique utilisant des biomarqueurs IRM permettaient une bonne catégorisation des sujets atteints de syndrome parkinsonien atypique. Afin d’être applicables en routine médicale, ces outils doivent faire l’objet d’une validation clinique.

Une étude conduite par Lydia Chougar, neuroradiologue à l’Hôpital Pitié-Salpêtrière et dans l’équipe de Stéphane Lehéricy et Marie Vidailhet à l’Institut du Cerveau, a évalué les performances de tels algorithmes chez des patients atteints de différents syndromes parkinsoniens (MPI, PSP et AMS) recrutés en milieu clinique. Ces algorithmes ont d’abord été « entrainés » sur un groupe de sujets inclus dans des études de recherche, constituée de patients parkinsoniens sporadiques et atypiques à un stade avancé de la maladie et de sujets sains appariés, puis testés sur un groupe de patients similaire recrutés en conditions cliniques au sein du département de neurologie et ayant bénéficié d’une IRM clinique dans le service de neuroradiologie de l’Hôpital Pitié-Salpêtrière AP-HP. Trois cent vingt-deux sujets ont été inclus dans l’étude, 119 atteints de MP, 51 de PSP, et 58 d’AMS, de forme parkinsonienne (35) ou cérébelleuse (23) et des sujets sains.

Les chercheurs ont montré la capacité des algorithmes d’apprentissage automatique à catégoriser les différents syndromes parkinsoniens sur la base de biomarqueurs IRM, obtenus dans le cadre de leur prise en charge clinique habituelle, à des stades précoces ou intermédiaires de ces pathologies. Les mesures de volume de certaines régions cérébrales permettaient la meilleure discrimination entre les différents syndromes. Dans le futur, l’ajout de nouveaux biomarqueurs, comme la mesure des dépôts de fer dans les tissus, pourrait permettre un gain en précision diagnostique. L’intégration de ce type d’algorithme dans la prise en charge clinique des patients parkinsoniens pourrait, à l’avenir, permettre d’améliorer le diagnostic des syndromes parkinsoniens à une phase précoce.

Sources

Automated Categorization of Parkinsonian Syndromes Using Magnetic Resonance Imaging in a Clinical Setting. Chougar L, Faouzi J, Pyatigorskaya N, Yahia-Cherif L, Gaurav R, Biondetti E, Villotte M, Valabrègue R, Corvol JC, Brice A, Mariani LL, Cormier F, Vidailhet M, Dupont G, Piot I, Grabli D, Payan C, Colliot O, Degos B, Lehéricy S. Mov Disord. 2020 Nov 2.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33137232/

D'autres actualités qui pourraient vous intéresser

Rêver éveillé : les états oniriques ne sont pas réservés au sommeil
Rêver éveillé : les états oniriques ne sont pas réservés au sommeil
Nous tenons pour acquis que les pensées associées au sommeil possèdent un relief particulier : nous les décrivons souvent comme impalpables, abstraites, voire empreintes d’une certaine bizarrerie. Pourtant, une étude menée par des chercheurs de la...
29.04.2026 Recherche, Science & Santé
Représentation artistique des neurones. Crédit : Odra Noël.
Comment l’architecture du cortex préfrontal façonne notre créativité
Les mécanismes cognitifs et neuronaux qui sous-tendent la pensée créative sont encore mal compris. Une nouvelle étude de l’équipe FrontLab, à l’Institut du Cerveau, explore cette question de manière originale en examinant la créativité là où elle...
22.04.2026 Recherche, Science & Santé
Des mini-cerveaux en laboratoire pour comprendre l'épilepsie de l'enfant
Des mini-cerveaux en laboratoire pour comprendre l'épilepsie de l'enfant
Pourquoi une même mutation génétique provoque-t-elle une malformation cérébrale sévère chez certains patients, et pas chez d’autres ? Des chercheurs de l’équipe MOSAIC, à l'Institut du Cerveau, ont généré des organoïdes corticaux humains porteurs de...
16.04.2026 Recherche, Science & Santé
Comment les vaisseaux sanguins cérébraux se construisent après la naissance
Comment les vaisseaux sanguins cérébraux se construisent après la naissance
Des chercheurs de l'Institut du Cerveau et du CHU Sainte-Justine de Montréal révèlent pour la première fois les étapes clés de la construction vasculaire du cerveau, de la naissance à l'âge adulte. Grâce à un atlas numérique 3D baptisé Lambada, ils...
15.04.2026 Recherche, Science & Santé
TDAH : les troubles de l’attention sont associées à l’intrusion d’ondes du sommeil pendant l’éveil
TDAH : les troubles de l’attention sont associés à l’intrusion d’ondes du sommeil pendant l’éveil
Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) reste mal compris sur le plan biologique. Une étude internationale menée par des scientifiques de l’Institut du Cerveau et de l’Université Monash, en Australie, suggère que...
17.03.2026 Recherche, Science & Santé
L’IRM structurelle ne permet pas, à elle seule, de diagnostiquer la dépression
L’IRM structurelle ne permet pas, à elle seule, de diagnostiquer la dépression
L’imagerie cérébrale peut-elle révéler si une personne est touchée par la dépression ? Cette question anime la recherche depuis de nombreuses années. Des modifications de la structure cérébrale ont bien été observées chez les patients dépressifs, ce...
12.03.2026 Recherche, Science & Santé
Voir toutes nos actualités