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Recherche, Science & Santé

Une nouvelle thérapie non-invasive pour le traitement du tremblement orthostatique primaire (TOP) : la stimulation électrique trans-médullaire.

Publié le : 13/04/2021 Temps de lecture : 1 min
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Le tremblement orthostatique primaire (TOP) est une maladie neurologique rare et méconnue : Elle se manifeste par un tremblement très rapide (non visible à l’œil nu) des jambes et du tronc, responsable d’une sensation d’instabilité et de la peur de chuter. Les symptômes apparaissent lors de la position debout, immobile (en orthostatisme) et disparaissent à la marche, ou lors de l’appui sur support. Ce trouble a un important retentissement sur les activités de la vie quotidienne faites en position debout (douche, file d’attente, cuisine, etc…) avec un fort impact sur la qualité de vie des patients.

La maladie apparaît généralement entre 50 et 60 ans et touche plus souvent les femmes que les hommes. A ce jour, les traitements médicamenteux ont peu ou pas d’effets sur les symptômes du TOP. Quelques patients ont été traités par stimulation cérébrale profonde, une technique consistant à implanter des électrodes dans le cerveau, comme dans le tremblement essentiel, mais les effets ont été minimes ou peu probants. (Aptes | Association des personnes concernées par le tremblement essentiel). A l’Institut du Cerveau, l’équipe « Mov’it : mouvement, investigations, thérapeutique. Mouvement normal et anormal : physiopathologie et thérapeutique expérimentale » co-dirigée par les Prs VIDAILHET ET LEHERICY s’intéresse aux troubles du mouvements et en particulier au TOP.

Une étude conduite par Jean-Charles LAMY, membre de l’équipe MOV’IT et responsable opérationnel de la plateforme d’exploration du mouvement (PANAM) à l’Institut du Cerveau vient de montrer, grâce à un travail de recherche, que la stimulation électrique trans-médullaire améliore à la fois le temps en position debout et réduit l’amplitude ainsi que la fréquence du tremblement. Cette étude est publiée dans la revue « Movement disorders ».

Les causes du TOP sont encore inconnues. Mais les mécanismes commencent à être mieux compris, nos équipes ont identifié un trouble de « communication » entre les neurones du tronc cérébral (contribuant au contrôle du maintien de la position du corps), du cervelet (contrôlant l’équilibre et de la coordination des mouvements) et du cortex cérébral (dirigeant les gestes volontaires). De plus, les muscles qui tremblent envoient des messages sensoriels altérés (proprioception) via la moelle épinière jusqu’au cortex cérébral, faussant la perception de la posture du corps en position debout. Cela a conduit à l’implantation d’électrodes au niveau de la moelle épinière chez quelques patients, mais cette technique neurochirurgicale est très invasive.

L’étude menée sur 16 patients souffrant de TOP à l’Institut du Cerveau utilise une technique non-invasive de stimulation électrique de la moelle épinière, à travers la peau, grâce à un stimulation localisée (appareil dédié à la recherche non encore disponible en soins)

Les résultats montrent qu’après une seule stimulation, les tremblements sont atténués et le temps en station débout sans appui des patients est augmenté.

Cette étude constitue aujourd’hui une preuve de concept de l’effet de la stimulation électrique trans-médullaire pour de futurs essais cliniques et ouvre la voie vers des perspectives de traitement efficace non-invasif du TOP.

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