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Recherche, Science & Santé

Mouvements anormaux fonctionnels: Comment agit la stimulation magnétique transcrânienne ?

Publié le : 02/11/2017 Temps de lecture : 1 min
rando
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Une étude, conduite par des chercheurs et cliniciens de l’Institut du Cerveau – ICM, de l’APHP et de Sorbonne Université, élucide un des mécanismes d’action de la stimulation magnétique transcrânienne dans le traitement des mouvements anormaux fonctionnels.

Les mouvements anormaux fonctionnels sont des symptômes survenant chez un individu sans raisons « organiques ». Ils peuvent se manifester de différentes manières, comme des tremblements, des secousses, des troubles de la marche… Ces troubles sont très fréquents, touchant 10 à 15% des patients qui se présentent en consultation spécialisée, et sont le plus souvent responsables d’un handicap important. Il n’y a actuellement pas de traitement efficace validé en dehors de la kinésithérapie dont l’apport reste assez modéré.

Le Dr Mesrati, neurophysiologiste à la Pitié-Salpêtrière, utilise la stimulation magnétique transcrânienne (ou TMS) pour évaluer si la conduction nerveuse se fait normalement. Cette technique consiste à utiliser un champ magnétique au niveau du cortex cérébral pour modifier l’activité électrique des neurones. Le courant électrique stimule le cortex et entraîne une contraction musculaire. Elle a constaté un effet positif de la TMS sur les mouvements anormaux fonctionnels. Une précédente étude avait montré une amélioration importante des capacités motrices des patients grâce à la stimulation magnétique transcrânienne (Garcin et al, 2013) et près de 500 patients ont été traités grâce à cette technique.

Cependant les mécanismes d’action de cette stimulation sont encore mal compris. Pour les élucider, les chercheurs et médecins de l’Institut du Cerveau – ICM, de l’APHP et de Sorbonne Université ont réalisé une étude auprès de 33 patients souffrant de mouvements anormaux fonctionnels. Leur objectif était de déterminer si l’effet bénéfique de la TMS passait par une modification de l’activité des neurones du cortex, un effet dit neuromodulateur, ou par un effet comportemental. Cet effet comportemental relève soit d’un effet de suggestion car les patients sont traités avec un dispositif visuellement impressionnant, soit d’une prise de conscience par le patient que son membre fonctionne normalement lorsqu’il est stimulé, ce qui l’aide a réintégré le membre dans l’image de son corps et permet un réapprentissage moteur.

Pour identifier le mécanisme mis en jeu, les chercheurs ont comparé deux types de stimulations, la TMS avec un dispositif placé sur la tête qui agit sur le cortex, et la RMS (stimulation magnétique radiculaire) qui consiste à stimuler un autre endroit qui n’est pas le cortex mais qui va induire le même type de mouvement. Avec ces stimulations, le ressenti en termes de mouvement est le même pour le patient mais dans le cas de la RMS, il n’y a pas d’effet sur le cortex.

Leurs résultats montrent que si les stimulations magnétiques ont bel et bien un effet bénéfique chez la majorité des patients, aucune différence significative n’a été observée entre les deux types de stimulation, TMS et RMS. Cela suggère que l’effet de la stimulation magnétique ne serait pas dû à la modulation de l’activité des réseaux corticaux mais plutôt à un effet comportemental.

Dans l’ensemble, ces données constituent un argument supplémentaire pour l’utilisation de la stimulation magnétique transcrânienne chez les patients atteints de troubles du mouvement fonctionnel. Les chercheurs souhaitent approfondir d’avantage la compréhension des mécanismes d’action de la TMS et identifier si l’effet cognitif comportemental se présente plutôt comme un effet de suggestion ou comme un réapprentissage moteur, par une prise de conscience de son corps.
 

« D’autres équipes ont mené des études de stimulation magnétique transcrânienne mais à des intensités moins fortes, qui n’induisait pas de contraction musculaire, et ces études ne montrent pas d’efficacité de la TMS. L’effet de la stimulation semble donc très lié à la contraction musculaire. Notre hypothèse est donc plutôt une amélioration des symptômes par réapprentissage moteur. Par la suite nous souhaitons décrire en détails les caractéristiques des 500 patients soignés à la Pitié-Salpêtrière. En effet, il y a très peu de cohortes sur cette pathologie alors qu’elle est très fréquente. Il s’agit à la fois de mieux prendre en charge les patients mais également de montrer leur invalidité et l’impact de ces troubles sur leur qualité de vie. »

Dr Béatrice Garcin

Sources

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5515822/

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