Aller au contenu principal

Soit 34,00 après déduction fiscale de 66%

Je fais un don mensuel Je fais un don IFI
Recherche, Science & Santé

Découverte du rôle inédit d’une région cérébrale dans les comportements maternels

Publié le : 04/02/2022 Temps de lecture : 1 min
Projections des neurones activés par la nidification dans l’ensemble du cerveau, montrant l’étendue des régions contactées par ces neurones. L’image est obtenue à partir d’imagerie 3D en feuillet de lumière permettant de reconstruire les trajectoires de fibres dans le cerveau à une résolution micrométrique
Retour à la recherche

La gestation entraîne des adaptations de comportements chez les mammifères, comme, de manière plus générale, celui de la nidification au sein du règne animal. Les mécanismes biologiques, neuraux et hormonaux sous-jacents à ces adaptations comportementales restaient jusqu’à présent très peu connus. Dans une nouvelle étude, l’équipe dirigée par Nicolas Renier (Inserm) à l’Institut du Cerveau, a découvert pour la première fois le rôle de certains neurones sensibles aux hormones au centre du cerveau, nécessaires au comportement maternel de nidification chez la souris femelle. Ces résultats publiés dans la revue Neuron.

Chez les espèces parentales, l’arrivée prochaine de nouveau-nés induit souvent un comportement de nidification. La construction du nid chez les oiseaux est peut-être le premier exemple qui nous vient en tête, mais ce comportement est aussi présent chez la plupart des mammifères, être humain compris, lors de la réorganisation de son habitat pour accueillir un futur enfant. La gestation modifie donc le fonctionnement des circuits cérébraux et les comportements de la vie de tous les jours, mais par quels mécanismes ? Les hormones sécrétées pendant la grossesse jouent-elle un rôle dans cette forme de plasticité cérébrale particulière ?

Pour répondre à ces questions, Thomas Topilko, doctorant dans l’équipe de Nicolas Renier (Inserm), et ses collaborateurs, ont utilisé la souris comme modèle d’étude. La souris femelle lorsqu’elle est gestante, prépare un nid pour protéger ses petits du froid et des prédateurs.

 

Grâce une technique sophistiquée, la microscopie en feuillets de lumière, permettant de cartographier de l’activité du cerveau de façon tridimensionnelle et à une échelle micrométrique, les chercheurs ont identifié, de manière inattendue, qu’une région au centre du cerveau, le noyau d’Edinger Westphal, était impliquée dans ce comportement particulier de nidification.

 

Cette région était connue pour contrôler le mouvement des yeux. L’équipe y a découvert une autre population de neurones, dont l’activité est modifiée par la progestérone (ndlr : une des principales hormones de la grossesse). La modification de l’activation de ces cellules particulières change la balance des comportements de la souris entre le temps accordé au sommeil et à la construction du nid. Grâce à ces neurones, les souris gestantes passent plus de temps à construire leur nid, ce qui empiète sur leur temps de sommeil.

 

Plus précisément, les chercheurs ont montré que ces neurones sont de purs modulateurs, c’est-à-dire que leur rôle est d’agir sur l’activité d’autres régions du cerveau, qui elles, interviendraient sur les comportements de l’animal. Le noyau d’Edinger Westphal est notamment très proche anatomiquement d’une région impliquée dans les comportements moteurs et la motivation.

 

Les chercheurs explorent à présent comment les différences d’organisation de ces neurones entre mâles et femelles pourraient expliquer pourquoi les souris mâles ne participent pas à la création du nid avant la naissance. Ils souhaitent également étudier comment ces neurones s’intègrent dans les autres régions centrales modulatrices du cerveau, notamment celles permettant l’exécution de comportements motivés et qui sont très sensibles aux maladies neurodégénératives et psychiatriques.

Sources

Edinger-Westphal peptidergic neurons enable maternal preparatory nesting.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35123655/
Topilko T, Diaz SL, Pacheco CM, Verny F, Rousseau CV, Kirst C, Deleuze C, Gaspar P, Renier N. Neuron. 2022 Feb 1

D'autres actualités qui pourraient vous intéresser

Représentation artistique des neurones. Crédit : Odra Noël.
Comment l’architecture du cortex préfrontal façonne notre créativité
Les mécanismes cognitifs et neuronaux qui sous-tendent la pensée créative sont encore mal compris. Une nouvelle étude de l’équipe FrontLab, à l’Institut du Cerveau, explore cette question de manière originale en examinant la créativité là où elle...
22.04.2026 Recherche, Science & Santé
Des mini-cerveaux en laboratoire pour comprendre l'épilepsie de l'enfant
Des mini-cerveaux en laboratoire pour comprendre l'épilepsie de l'enfant
Pourquoi une même mutation génétique provoque-t-elle une malformation cérébrale sévère chez certains patients, et pas chez d’autres ? Des chercheurs de l’équipe MOSAIC, à l'Institut du Cerveau, ont généré des organoïdes corticaux humains porteurs de...
16.04.2026 Recherche, Science & Santé
Comment les vaisseaux sanguins cérébraux se construisent après la naissance
Comment les vaisseaux sanguins cérébraux se construisent après la naissance
Des chercheurs de l'Institut du Cerveau et du CHU Sainte-Justine de Montréal révèlent pour la première fois les étapes clés de la construction vasculaire du cerveau, de la naissance à l'âge adulte. Grâce à un atlas numérique 3D baptisé Lambada, ils...
15.04.2026 Recherche, Science & Santé
TDAH : les troubles de l’attention sont associées à l’intrusion d’ondes du sommeil pendant l’éveil
TDAH : les troubles de l’attention sont associés à l’intrusion d’ondes du sommeil pendant l’éveil
Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) reste mal compris sur le plan biologique. Une étude internationale menée par des scientifiques de l’Institut du Cerveau et de l’Université Monash, en Australie, suggère que...
17.03.2026 Recherche, Science & Santé
L’IRM structurelle ne permet pas, à elle seule, de diagnostiquer la dépression
L’IRM structurelle ne permet pas, à elle seule, de diagnostiquer la dépression
L’imagerie cérébrale peut-elle révéler si une personne est touchée par la dépression ? Cette question anime la recherche depuis de nombreuses années. Des modifications de la structure cérébrale ont bien été observées chez les patients dépressifs, ce...
12.03.2026 Recherche, Science & Santé
Épilepsie temporale : une nouvelle stratégie pour corriger l’activité électrique anormale
Épilepsie temporale : une nouvelle stratégie pour corriger l’activité électrique anormale
De nombreux patients souffrent d'une épilepsie que les médicaments actuels ne parviennent pas à contrôler. L’ablation chirurgicale des zones épileptogènes n’est efficace que dans la moitié des cas, et tous n’y sont pas éligibles. Pour ces patients...
05.03.2026 Recherche, Science & Santé
Voir toutes nos actualités