Bien que de grands progrès thérapeutiques aient été réalisés pour les autres cancers au cours des 10 dernières années, il en va malheureusement autrement pour le traitement des tumeurs cérébrales. Cependant les avancées dans la compréhension des mécanismes biologiques et dans la caractérisation moléculaire des tumeurs ouvrent des pistes très prometteuses.
Les approches thérapeutiques de la tumeur au cerveau
En ce qui concerne la chimiothérapie, qui peut être associée à la chirurgie ou à la radiothérapie, les cliniciens se heurtent à un problème récurrent dans les maladies neurologiques et psychiatrique, le passage de la barrière hémato-encéphalique. Cette barrière cellulaire qui entoure le cerveau et la moelle épinière a effectivement pour rôle de protéger le cerveau de tout agent potentiellement dangereux et sert donc de filtre limitant l’entrée de cellules, de virus, de bactérie mais aussi de molécules comme les médicaments.
Un important défi dans le traitement des tumeurs du cerveau est donc de faire pénétrer dans le cerveau des médicaments ciblant uniquement les cellules cancéreuses et non-toxique pour les cellules environnantes de la tumeur.
À l’Institut du Cerveau
Un projet collaboratif entre l’équipe d’Emmanuelle HUILLARD et du Pr Matthieu PEYRE et celle du Dr Mehdi Touat et du Pr Franck Bielle cherche à évaluer l’efficacité de traitements sur la croissance des tumeurs. Les équipes ont mis au point un modèle de culture au laboratoire de fragments de tumeurs, ou explants, issus de la chirurgie des patients permettant d’étudier les conséquences de différents traitements sur les cellules tumorales et sur les autres cellules qui les entourent. Grace à la spectroscopie IRM avancée, technique implémentée sur les IRM cliniques (3 T et 7 T) et pré-clinique à 11.7 T présentes sur la plateforme CENIR de l’Institut, il est possible de mesurer plusieurs marqueurs tumoraux, dont le 2-hydroxyglutarate issu de la protéine IDH mutée qui participe à la prolifération des cellules tumorales et la cystathionine qui sembleraient être des marqueurs de vulnérabilité de la tumeur et donc de bon pronostic.