Sylvie Bothorel est Chief Data Officer à l’Institut du Cerveau. Recrutée en octobre 2025, elle cordonne de façon transverse la politique des données, un chantier majeur qui s’ouvre avec la création d’un entrepôt de données prévu pour 2027.
Quel est votre parcours ?
J’ai une formation d’ingénieure, complétée par un doctorat en traitement d’image et intelligence artificielle appliqués à la radiologie. J’ai ensuite passé plus de vingt ans dans l’industrie de la santé, principalement dans les dispositifs médicaux, où j’ai évolué de la R&D vers des fonctions de direction, d’innovation et de transformation numérique.
Chez General Electric Healthcare, puis Kodak/Carestream Dental, Sorin Group et Air Liquide Santé, j’ai notamment travaillé sur l’intelligence artificielle, l’imagerie médicale et la valorisation des données de santé. Chez Air Liquide, j’ai notamment piloté la mise en place d’un data lake utilisé pour 300 000 patients, avant de rejoindre Acteon Group comme Chief Innovation Officer.
J’ai rejoint l’Institut du Cerveau en 2025 en tant que Chief Data Officer, au sein du Centre d’Intelligence Artificielle et de Science des Données. Mon rôle est de structurer la gouvernance et favoriser la réutilisation des données de l’Institut, en accompagnant notamment la création de l’entrepôt de données de recherche, dont le lancement est prévu en 2027.
Qu’est-ce qu’un entrepôt de données ?
Un entrepôt de données de recherche rassemble, structure et rend interopérables les données issues des différentes études scientifiques et médicales, afin de faciliter leur croisement et leur partage, dans le respect d’un cadre éthique et réglementaire exigeant.
Quels sont les enjeux d’un tel entrepôt de données à l’Institut du Cerveau ?
L’Institut du Cerveau a inauguré en 2025 son nouveau Centre d’Intelligence Artificielle et de Science des Données qui fédère les forces « data » de l’Institut du Cerveau.
Dans ce contexte, mettre la donnée au service de la recherche, de façon structurée, encadrée et fiable est une priorité.
Sans massification de données, il n’y a pas d’IA, et sans structuration, pas de science ouverte.
Pour y parvenir, la priorité est donc de rendre le patrimoine déjà considérable à l’Institut du Cerveau exploitable au quotidien, en commençant par le socle. L’entrepôt de données a donc pour vocation de servir de hub partagé, facilitant l’accès aux jeux de données et évitant de repartir de zéro pour chaque projet.
Le saviez-vous ?
Le volume de données stockées à l’Institut du Cerveau représente à l’heure actuelle 5 pétaoctets, soit l'équivalent d'environ un million de films en haute définition, ou de plusieurs millions d'examens d'imagerie médicale.
Quel enjeu représente le lancement de l’entrepôt de données prévu pour 2027 ?
L’enjeu de cet entrepôt n’est pas seulement technique. Il s’agit aussi d’installer une gouvernance claire et d’impulser une culture data : déterminer qui peut accéder à quoi, dans quelles conditions, comment documenter les données, gérer leur cycle de vie (archivage, coûts) et garantir un cadre éthique robuste, notamment autour du consentement et de l’implication des patients. L’objectif est d’industrialiser les démarches, en s’alignant sur les cadres de référence de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) pour accélérer le lancement des projets sans fragiliser la conformité.
Autre priorité du projet : l’interopérabilité, qui consiste à faire en sorte que les données produites par des acteurs très divers (partenaires, institutions) puissent communiquer. Il s’agit ici d’ouvrir des espaces de collaboration autour de ces questions pour faire émerger de futurs standards.
Les chantiers impulsés doivent aussi permettre à l’Institut du Cerveau de peser sur la mise en mouvement d’une politique européenne autour de ces enjeux.
Ce portrait est à retrouver dans le Rapport annuel 2025 de l'Institut du Cerveau.
Inauguré en juillet 2025, le Centre d'intelligence artificielle (IA) et de science des données de l'Institut du cerveau rassemble une expertise multidisciplinaire unique pour faire progresser la compréhension du cerveau et améliorer la santé cérébrale. Installé dans des locaux dédiés situés à 5 minutes à pied du bâtiment principal, il compte actuellement 100 collaborateurs et collaboratrices et a pour objectif d'atteindre les 150 personnes.
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