Aller au contenu principal

Soit 34,00 après déduction fiscale de 66%

Je fais un don mensuel Je fais un don IFI
Recherche, Science & Santé

Les mouvements volontaires des yeux, nouvel indicateur du contrôle postural dans la maladie de Parkinson ?

Publié le : 09/03/2017 Temps de lecture : 1 min
image yeux
Retour à la recherche

L’instabilité de la posture est le premier facteur associé aux chutes chez les patients parkinsoniens mais il existe d’autres symptômes tels que les troubles oculaires. Des équipes de l’hôpital Pitié-Salpêtrière AP-HP et de l’Institut du Cerveau et de la Moelle épinière (Inserm, CNRS, Sorbonne Université) se sont penchés sur le lien entre ces troubles oculaires observés chez certains patients et l’instabilité de la posture. Leurs résultats mettent en évidence un nouveau marqueur potentiel du contrôle postural dans la maladie de Parkinson. Ces résultats sont publiés dans la revue Neurology.

Certains patients atteints de la maladie de Parkinson présentent des dysfonctionnements au niveau de mouvements volontaires des yeux, les « antisaccades ». Le Dr Claire Ewenczyk, au sein de l’équipe du Pr Marie Vidailhet, et le Pr Stéphane Lehéricy, de l’Institut du Cerveau et de la Moelle épinière (Inserm, CNRS, Sorbonne Université) à l’hôpital Pitié Salpêtrière AP-HP, a mené une étude chez 30 patients parkinsoniens avec ou sans troubles du contrôle postural et 25 sujets sains.

Les chercheurs ont testé la marche et l’équilibre chez les patients et ont par ailleurs enregistré l’initiation de la marche et le mouvement des yeux. En parallèle, ils ont étudié les interactions entre deux régions cérébrales : la région oculomotrice frontale, jouant un rôle important dans l’attention visuelle et les mouvements des yeux, et la région locomotrice mésencéphalique, largement impliquée dans le contrôle de la posture et des mouvements oculaires.

Leurs résultats montrent que les patients avec des troubles de la posture présentent également un temps de réaction anormal (latence) des mouvements volontaires des yeux. Cette anomalie est corrélée à une variation des paramètres lors de l’initiation du pas, notamment de la durée des ajustements posturaux anticipatoires, mécanismes mis en place par le système nerveux central pour maintenir l’équilibre en position debout lors de l’exécution de mouvements volontaires.

L’étude des interactions cérébrales entre la région oculomotrice frontale et la région locomotrice mésencéphalique révèle, chez les sujets sains, une corrélation entre les connexions fonctionnelles de ces régions et la latence des mouvements volontaires des yeux. Lorsque les patients sont atteints de la maladie de Parkinson, cette association disparait. Ceci suggère une atteinte étendue de la région mésencéphalique dans la maladie, qui est impliquée à la fois dans le contrôle de la posture et des mouvements des yeux.

L’allongement du temps de réaction des mouvements des yeux ou « antisaccades », un paramètre simple et fiable, pourrait constituer un marqueur pronostic du contrôle postural dans la maladie de Parkinson et être utilisé pour l’évaluation des patients dans de futures études longitudinales.

Sources

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28130466/
Ewenczyk C, Mesmoudi S, Gallea C, Welter ML, Gaymard B, Demain A, Yahia Cherif L, Degos B, Benali H, Pouget P, Poupon C, Lehericy S, Rivaud-Péchoux S, Vidailhet M.

D'autres actualités qui pourraient vous intéresser

Une nouvelle approche pour évaluer les patients en état de conscience altérée
Une nouvelle approche pour évaluer les patients en état de conscience altérée
Dans les unités de soins intensifs, certains patients apparemment inconscients se trouvent dans une zone grise dans leur rapport au monde. Pour mieux les diagnostiquer et prédire leurs capacités de récupération, Dragana Manasova, Jacobo Sitt et leurs...
08.01.2026 Recherche, Science & Santé
Ne plus penser à rien : vers une signature cérébrale du blanc mental
Ne plus penser à rien : vers une signature cérébrale du blanc mental
Et si le flux de nos pensées s’interrompait parfois ? Esteban Munoz-Musat, Lionel Naccache, Thomas Andrillon et leurs collègues à l’Institut du Cerveau et à l’Université Monash, à Melbourne, montrent que la sensation de ne penser à rien est bel et...
26.12.2025 Recherche, Science & Santé
Deux nouvelles certifications pour les plateformes de l’Institut du Cerveau
Deux nouvelles certifications pour les plateformes de l’Institut du Cerveau
Les plateformes de l’Institut du Cerveau viennent de recevoir deux nouvelles certifications : la certification ISO 9001 pour la plateforme ICM Quant et la certification ISO 20387 pour la Banque ADN & Cellules.
14.11.2025 Institutionnel
La dépression résistante possède une signature moléculaire spécifique
La dépression résistante possède une signature moléculaire spécifique
Une étude internationale publiée dans Brain, Behavior, and Immunity révèle que les patients atteints de dépression résistante aux traitements (DRT) présentent un profil biologique nettement distinct de ceux qui répondent aux antidépresseurs. Plus de...
31.10.2025 Recherche, Science & Santé
La qualité des mitochondries durant le neurodéveloppement est cruciale pour la santé cérébrale
La qualité des mitochondries durant le neurodéveloppement est cruciale pour la santé cérébrale
Les anomalies à l’origine des maladies neurodégénératives pourraient surgir au cours du développement, c’est-à-dire des décennies avant l’apparition des premiers symptômes… Cette hypothèse gagne du terrain grâce à une nouvelle étude publiée dans...
18.10.2025 Recherche, Science & Santé
Troubles du Développement Intellectuel
Troubles du Développement Intellectuel (TDI) : le projet « RNU-Splice » reçoit le soutien du mécénat santé des Mutuelles AXA
Les Troubles du Développement Intellectuel (TDI) touchent 2 à 3 % de la population et sont caractérisés par des altérations des fonctions cognitives, impactant les apprentissages. Les TDI ont ainsi des conséquences sur les capacités d’adaptation avec...
30.01.2025 Soutien
Voir toutes nos actualités