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Recherche, Science & Santé

Favoriser une réponse adaptée du système immunitaire dans la maladie d’Alzheimer

Publié le : 14/10/2016 Temps de lecture : 1 min
Amyloide
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Une étude de Cécile Delarasse et ses collaborateurs suggère que le système immunitaire pourrait être mis à profit pour diminuer l’inflammation survenant dans la maladie d’Alzheimer.

La maladie d’Alzheimer se caractérise par l’accumulation anormale dans le cerveau de « plaques amyloïdes » responsables de la mort des neurones entraînant, à terme, une démence. Le système immunitaire joue un rôle clef dans cette maladie, notamment en éliminant ces plaques. Cette maladie touche principalement des sujets âgés dont le système immunitaire pourrait s’avérer moins efficace. En comparant l’effet de la pathologie et celui de l’âge sur l’activation du système immunitaire, Cécile Delarasse et ses collaborateurs ont mis en évidence que la principale différence réside dans une production beaucoup plus importante de molécules pro-inflammatoires dans le cas de la pathologie. Or une inflammation trop importante aurait un effet néfaste en entraînant la destruction des neurones. Ces résultats ouvrent de nouvelles perspectives thérapeutiques qui consisteraient à adapter la réponse immunitaire pour activer la destruction des plaques amyloïdes tout en réduisant la libération des molécules inflammatoires, délétères pour les neurones.

La maladie d’Alzheimer est une maladie neurodégénérative qui se caractérise par l’accumulation anormale dans le cerveau de « plaques amyloïdes » et la mort des neurones entraînant une démence.

Le système immunitaire joue un rôle clef dans l’initiation et la progression de la maladie. Son rôle est de se débarrasser des éléments étrangers et des débris pour ne pas qu’ils s’accumulent dans le cerveau grâce à la phagocytose (ingestion et élimination des débris ou cellules mortes par certaines cellules). Dans la maladie d’Alzheimer, le système immunitaire détruirait les plaques amyloïdes, mais lorsqu’il n’y parvient plus, elles s’accumuleraient, entrainant la mort des neurones.

Cette maladie touche principalement les personnes âgées, chez lesquelles la fréquence des plaques amyloïdes augmente, mais toutes ne développent pas la pathologie. Plusieurs questions se posent. Pourquoi certaines personnes développent la pathologie contrairement à d’autres qui arrivent à gérer l’accumulation des plaques grâce à une réponse adaptée ? Le système immunitaire est probablement l’un des facteurs qui fait que le cerveau ne peut pas se débarrasser des plaques amyloïdes efficacement. Y-a-t-il un effet de l’âge sur l’efficacité du système immunitaire ? Le système immunitaire de patients est-il moins efficace pour endiguer la progression de la maladie ? Comment favoriser une réponse adaptée ?

Pour répondre à ces questions, Cécile Delarasse et ses collaborateurs ont comparé l‘effet du vieillissement et l’effet de la pathologie sur l’activation du système immunitaire dans un modèle murin.

Le système immunitaire du cerveau est composé de deux types de cellules, les cellules microgliales résidentes du cerveau et les macrophages présents également en périphérie. Pour la première fois, les chercheurs ont montré que ces deux populations ont des propriétés différentes chez les souris normales : les macrophages présentent une activation de base contrairement aux cellules microgliales.

Chez les souris âgées, les chercheurs observent une activation des macrophages et de la microglie, un recrutement d’un grand nombre de macrophages activés et une expression plus importante des protéines impliquées dans la phagocytose, probablement pour nettoyer les débris qui s’accumulent avec le vieillissement.

Ces phénomènes, témoins de l’activation du système immunitaire, sont amplifiés par la pathologie. Chez les souris malades, les chercheurs observent en plus une libération beaucoup plus importante de molécules pro-inflammatoires. Ils ont Identifié deux protéines surexprimées par les cellules dans le modèle Alzheimer, CD14 et CD36, qui jouent un rôle à la fois dans la phagocytose et dans la libération de molécules pro-inflammatoires, en fonction de leur niveau d’activation.

Dans la maladie d’Alzheimer, l’activation du système immunitaire est bénéfique au début, la phagocytose permettant de détruire les plaques nocives, mais une inflammation trop importante aurait un effet néfaste en entraînant la destruction des neurones.

Cette étude met en évidence un effet de la pathologie sur l’activation du système immunitaire qui est différent de celui de l’âge, la principale différence résidant dans une production beaucoup plus importante de molécules pro-inflammatoires. Ces résultats ouvrent de nouvelles perspectives thérapeutiques qui consisteraient à activer la phagocytose pour détruire les plaques amyloïdes tout en réduisant la libération des molécules inflammatoires, délétères pour les neurones. L’identification de nouvelles cibles thérapeutiques via l’étude des voies de signalisation permettraient de moduler l’état d’activation des cellules et de les rendre plus efficaces pour combattre la maladie.

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