Aller au contenu principal

Soit 34,00 après déduction fiscale de 66%

Je fais un don mensuel Je fais un don IFI
Recherche, Science & Santé

Diagnostiquer la maladie d’Alzheimer grâce à une prise de sang ?

Publié le : 23/12/2015 Temps de lecture : 1 min
Une prise de sang
Retour à la recherche

L’identification de marqueurs sanguins pour diagnostiquer la maladie d’Alzheimer à un stade précoce et prévoir son évolution est un enjeu majeur. Une étude de l’équipe de Marie-Claude Potier montre pour la première fois que les cellules sanguines de patients atteints de la maladie d’Alzheimer présentent des altérations morphologiques spécifiques. Cette découverte soulève l’espoir de pouvoir diagnostiquer la maladie grâce à une simple prise de sang.

Aujourd’hui le diagnostic de maladie d’Alzheimer se fait grâce à un examen clinique associé à la visualisation des lésions dans le cerveau par IRM ou Tomographie à émission de positon et au dosage de certaines protéines dans le liquide céphalo-rachidien après une ponction lombaire. Cette approche permet d’établir un diagnostic à un stade où le déficit cognitif est léger mais est invasive et coûteuse.

 


Retrouvez toutes les vidéos de l'Institut du Cerveau sur notre page dédiée.

 

Réaliser ce diagnostic grâce à une simple prise de sang est un challenge majeur pour les chercheurs de l’Institut du Cerveau - ICM. Pour cela, il est nécessaire d’identifier des marqueurs sanguins qui sont modifiés de façon précoce dans le sang des patients atteints de la maladie d’Alzheimer. D'autres études mettent en évidence le potentiel prédictif d’un biomarqueur sanguin dans la maladie d’Alzheimer.

Des données neuropathologiques et cliniques ont montré que les neurones des patients contenaient des endosomes hypertrophiés. Les endosomes sont des compartiments cellulaires dont le rôle est d’assurer le trafic des protéines de la membrane vers l’intérieur de la cellule. De façon intéressante, l’augmentation du volume des endosomes a lieu avant l’apparition des symptômes. Ces endosomes jouent un rôle dans la production anormale des peptides Aβ dont l’accumulation est caractéristique de la maladie d’Alzheimer.

L’équipe de Marie-Claude Potier a voulu vérifier si les cellules du sang présentaient également une hypertrophie des endosomes. Dans une étude menée en collaboration avec les Professeurs Sarazin et Dubois à l’Hôpital de la Salpêtrière et à l’hôpital Sainte-Anne chez 71 patients souffrant de la maladie d’Alzheimer, aux stades de troubles cognitifs légers ou démentiels, elle a observé des altérations morphologiques du compartiment endosomal des cellules sanguines. Ces modifications sont corrélées à la présence de plaques amyloïdes dans le cerveau. Cependant, aucun peptide Aβ n’est détecté au niveau des cellules sanguines.

La raison de l’augmentation du volume des endosomes des cellules du sang reste inexpliquée mais pourrait être liée à une inflammation générale causée par la maladie. Plusieurs études récentes confirment que la présence de plaques amyloïdes ou de la protéine bêta-amyloïde permettrait de diagnostiquer les personnes qui souffrent de la maladie d’Alzheimer, voire de prédire les patients qui développeront la maladie.

Pour la première fois, cette étude démontre une corrélation entre des altérations spécifiques des cellules sanguines et la présence de plaques amyloïdes dans le cerveau des patients. L’équipe de Marie-Claude Potier cherche désormais à déterminer l’évolution de ces altérations au cours de la maladie et à évaluer leur pertinence en tant qu’outils diagnostiques pour la maladie d’Alzheimer.

Cette découverte soulève un formidable espoir pour repérer la maladie à un stade précoce grâce à une simple prise de sang, afin de ralentir sa progression avant même l’apparition des symptômes cliniques invalidants.

Sources

Modifications of the endosomal compartment in peripheral blood mononuclear cells and fibroblasts from Alzheimer’s disease patients.
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26151923

D'autres actualités qui pourraient vous intéresser

Traitements anti-Alzheimer
Traitements anti-Alzheimer : un effet bénéfique à long terme sur les symptômes
À l’heure actuelle, on ne dispose d’aucun traitement curatif de la maladie d’Alzheimer. Les traitements disponibles en France (et non remboursés) sont dits symptomatiques, c’est-à-dire qu’ils agissent sur les conséquences de la maladie, et non sur sa...
18.02.2026 Recherche, Science & Santé
État de mal épileptique
État de mal épileptique : de nouvelles connaissances acquises grâce aux données de santé nationales
Forme la plus grave de l’épilepsie, l’état de mal épileptique constitue une urgence neurologique à très haut risque. Pourtant, son épidémiologie reste mal connue, notamment en France. En exploitant les données de l’Assurance Maladie, réunies dans le...
16.02.2026 Recherche, Science & Santé
Sclérose en plaques : identification d’une nouvelle molécule favorisant la remyélinisation
Sclérose en plaques : identification d’une nouvelle molécule favorisant la remyélinisation
Une molécule dont les effets étaient, jusqu’ici, étudiés dans le cadre des troubles du sommeil et du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, révèle pour la première fois son potentiel dans des modèles expérimentaux de sclérose en plaques...
22.01.2026 Recherche, Science & Santé
VignetteActu WBHF 2026
World Brain Health Forum 2026
Plus d’une personne sur trois sera confrontée, au cours de sa vie, à une maladie du cerveau. Cette réalité, identifiée par l’Organisation mondiale de la santé comme une priorité majeure de santé publique, invite à une mobilisation internationale sans...
12.01.2026 Événements
Une nouvelle approche pour évaluer les patients en état de conscience altérée
Une nouvelle approche pour évaluer les patients en état de conscience altérée
Dans les unités de soins intensifs, certains patients apparemment inconscients se trouvent dans une zone grise dans leur rapport au monde. Pour mieux les diagnostiquer et prédire leurs capacités de récupération, Dragana Manasova, Jacobo Sitt et leurs...
08.01.2026 Recherche, Science & Santé
Ne plus penser à rien : vers une signature cérébrale du blanc mental
Ne plus penser à rien : vers une signature cérébrale du blanc mental
Et si le flux de nos pensées s’interrompait parfois ? Esteban Munoz-Musat, Lionel Naccache, Thomas Andrillon et leurs collègues à l’Institut du Cerveau et à l’Université Monash, à Melbourne, montrent que la sensation de ne penser à rien est bel et...
26.12.2025 Recherche, Science & Santé
Voir toutes nos actualités