Aller au contenu principal

Soit 34,00 après déduction fiscale de 66%

Je fais un don mensuel Je fais un don IFI
Recherche, Science & Santé

Des chercheurs identifient pour la première fois des neurones du cortex visuel répondant aux visages

Publié le : 22/01/2019 Temps de lecture : 1 min
image
Retour à la recherche

Une nouvelle étude, publiée dans la prestigieuse revue Neurology, identifie pour la première fois des neurones du cortex visuel humain répondant de manière sélective aux visages. Cette étude a été conduite par le Dr. Vadim Axelrod, responsable du laboratoire Conscience et Cognition du Gonda (Goldschmied) Multidisciplinary Brain Research Center de l’Université Bar-Ilan (Israël), en collaboration avec l’équipe de Lionel Naccache (Sorbonne Université-APHP) à l’Institut du Cerveau et de la Moelle Épinière et à l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière.

 

Imaginez un monde où tout le monde a le même visage. Il serait effectivement très différent de celui que nous connaissons. Dans notre monde, où chacun est différent, notre visage véhicule des informations essentielles. La plupart d’entre nous reconnaissent par exemple le visage d’une célébrité même s’il n’apparait qu’une fraction de seconde, ou bien la tête d’un ancien camarade de classe, malgré des années sans se voir. Nous pouvons interpréter l’humeur d’autrui juste par ses expressions faciales. Nous pouvons également deviner si une personne est digne de confiance en observant simplement son visage. Malgré des recherches intenses dans ce domaine, un mystère perdure : comment notre cerveau contrôle-t-il ces comportements ?

« Au début des années 1970, le professeur Charles Gross et ses collègues ont découvert des neurones dans le cortex visuel des macaques qui répondaient aux visages. Chez l’être humain, une telle activité a été particulièrement recherchée, principalement par IRM fonctionnelle et électroencéphalographie, sans succès jusqu’à présent. Dans notre étude, nous avons eu l’opportunité rare d’enregistrer l’activité des neurones grâce à des microélectrodes implantées au cœur de l’aire fusiforme des visages, la plus grande et probablement la plus importante région spécifique des visages du cerveau humain. »

Vadim Axelrod Premier auteur de l’étude

Les chercheurs montrent que des neurones du cortex visuel, au cœur de l’aire fusiforme des visages, répondent beaucoup plus fortement aux visages qu’à des paysages ou des objets (voir exemples : https://youtu.be/QYJCB60FhHE ). Une réponse importante est détectée aussi bien pour des visages de célébrités (e.g., Charles Aznavour, Nicolas Sarkozy, Catherine Deneuve, Louis De Funes) que d’inconnus. Une expérience supplémentaire met également en évidence une sélectivité de ces neurones pour les visages humains et d’animaux apparaissant dans un film (un clip du Cirque de Charlie Chaplin).

Les neurones les plus connus pour la reconnaissance des visages sont probablement les “cellules Jennifer Aniston”, des neurones du lobe temporal médian répondant à différentes images d’une personne en particulier (l’actrice Jennifer Aniston dans l’étude originale publié dans la revue Nature par Quiroga et ses collègues en 2005).

« Les neurones du cortex visuel que nous venons d’identifier sont très différents de ceux du lobe temporal médian. Tout d’abord, ils répondent vigoureusement à n’importe quel type de visage, quel que soit l’identité de la personne. Deuxièmement, ils répondent beaucoup plus tôt. Plus spécifiquement, une réponse était observée dans les 150 millisecondes après avoir montré l’image contre plus de 300 millisecondes pour les cellules « Jennifer Aniston » ».

Vadim Axelrod
image
Schéma

Ces résultats fournissent des informations uniques sur le fonctionnement de notre cerveau à l’échelle cellulaire au cours du traitement des visages. Ils permettent également d’établir un pont entre les mécanismes de reconnaissance des visages au sein de différentes espèces.

« Nous sommes très enthousiastes d’avoir pu montrer, presque 50 ans après la découverte des neurones spécifiques des visages chez le macaque, des neurones similaires chez l’être humain. » 

Vadim Axelrod

Sources

Texte original en anglais écrit par le Dr. Vadim Axelrod
https://www.eurekalert.org/news-releases/632322

https://www.neurology.org/doi/full/10.1212/wnl.0000000000006806

D'autres actualités qui pourraient vous intéresser

Sclérose en plaques : identification d’une nouvelle molécule favorisant la remyélinisation
Sclérose en plaques : identification d’une nouvelle molécule favorisant la remyélinisation
Une molécule dont les effets étaient, jusqu’ici, étudiés dans le cadre des troubles du sommeil et du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, révèle pour la première fois son potentiel dans des modèles expérimentaux de sclérose en plaques...
22.01.2026 Recherche, Science & Santé
VignetteActu WBHF 2026
World Brain Health Forum 2026
Plus d’une personne sur trois sera confrontée, au cours de sa vie, à une maladie du cerveau. Cette réalité, identifiée par l’Organisation mondiale de la santé comme une priorité majeure de santé publique, invite à une mobilisation internationale sans...
12.01.2026 Événements
Une nouvelle approche pour évaluer les patients en état de conscience altérée
Une nouvelle approche pour évaluer les patients en état de conscience altérée
Dans les unités de soins intensifs, certains patients apparemment inconscients se trouvent dans une zone grise dans leur rapport au monde. Pour mieux les diagnostiquer et prédire leurs capacités de récupération, Dragana Manasova, Jacobo Sitt et leurs...
08.01.2026 Recherche, Science & Santé
Ne plus penser à rien : vers une signature cérébrale du blanc mental
Ne plus penser à rien : vers une signature cérébrale du blanc mental
Et si le flux de nos pensées s’interrompait parfois ? Esteban Munoz-Musat, Lionel Naccache, Thomas Andrillon et leurs collègues à l’Institut du Cerveau et à l’Université Monash, à Melbourne, montrent que la sensation de ne penser à rien est bel et...
26.12.2025 Recherche, Science & Santé
Deux nouvelles certifications pour les plateformes de l’Institut du Cerveau
Deux nouvelles certifications pour les plateformes de l’Institut du Cerveau
Les plateformes de l’Institut du Cerveau viennent de recevoir deux nouvelles certifications : la certification ISO 9001 pour la plateforme ICM Quant et la certification ISO 20387 pour la Banque ADN & Cellules.
14.11.2025 Institutionnel
La dépression résistante possède une signature moléculaire spécifique
La dépression résistante possède une signature moléculaire spécifique
Une étude internationale publiée dans Brain, Behavior, and Immunity révèle que les patients atteints de dépression résistante aux traitements (DRT) présentent un profil biologique nettement distinct de ceux qui répondent aux antidépresseurs. Plus de...
31.10.2025 Recherche, Science & Santé
Voir toutes nos actualités