La prise en charge du trouble déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité est multidisciplinaire chez l'adulte et chez l'enfant.
La prise en charge du TDAH chez l’enfant
Mesures non-pharmacologiques
Chez l'enfant, on privilégie dans un premier temps les mesures non-pharmacologiques : psychoéducation adaptée de l'enfant et de son entourage à son trouble, entraînement aux habiletés parentales (type méthode dite "Barkley"), aménagement scolaires et mesures psychoéducatives…
Prise en charge des autres troubles du neurodéveloppement potentiels
La prise en charge d'autres troubles du neurodéveloppement peut également être entreprise si besoin : trouble du spectre autistique, troubles "dys" (dyslexie, dysgraphie, dyscalculie, dyspraxie, etc.) qui sont plus fréquents en cas de TDAH et aggravent l'impact fonctionnel s'ils ne sont pas correctement considérés.
Traitement médicamenteux
Le traitement médicamenteux vient dans un second temps après échec ou amélioration insuffisante par les mesures non-pharmacologiques. Le traitement de première intention en France est le méthylphénidate, plus connu sou le nom de Ritaline.
La prise en charge du TDAH chez l'adulte
Traitement médicamenteux
Chez l'adulte, la première intention est la prescription de méthylphénidate LP (LP pour libération prolongée) dont différents profils pharmacocinétiques existent et sont adaptés en fonction des patients, de l'efficacité, de la tolérance et de leurs besoins.
Prise en charge des comorbidités
Une prise en charge des comorbidités doit également être considérée, notamment si sont identifés :
- des épisodes dépressifs,
- des troubles de l'humeur chronique (unipolaire ou bipolaire),
- des troubles anxieux
- d'autres troubles du neurodéveloppement (en fonction des recommandations en vigueur).
Considérer et traiter les comorbidités liées de près ou de loin au TDAH est très important pour l'optimisation de la prise en charge du TDAH et ne doit pas être négligé.
Psychothérapie
Une psychothérapie de type thérapie cognitivo-comportementale (TCC) souvent centrées sur les difficultés spécifiques des patients ainsi qu'une prise en charge psychologique au long cours et à visée de psychoéducation et de soutien sont également généralement mises en place.
Quels sont les effets du méthylphénidate (Ritaline) ?
Mode d'action du méthylphénidate
Le méthylphénidate ou Ritaline est un traitement proche des amphétamines qui agit principalement sur la transmission médiée par la dopamine et par la noradrénaline. La physiologie de ces neurotransmetteurs est en effet supposée altérée dans le TDAH.
Les effets attendus sont une amélioration temporaire des capacités cognitives et notamment de l'attention. Dans une moindre mesure, il a des effets sur les autres dimensions du trouble.
Les effets indésirables du méthylphénidate
Le méthylphénidate présente des effets psychiques indésirables tels l'anxiété ou des troubles du sommeil. Un risque encore débattu quant à sa fréquence et sa sévérité, de virage maniaque peut être observés chez certains patients présentant un trouble bipolaire associé au TDAH.
L'existence de ces effets indésirables psychiques soulignent l'importance du diagnostic préalable des comorbidités par un médecin formé.
Le méthylphénidate est par ailleurs cardiotrope (c’est-à-dire qu’il peut présenter des effets sur le cœur et son fonctionnement). Il est donc recommandé d'éliminer toute contre-indication cardiologique avant prescription. Cette vérification est d'ordinaire effectuée par un cardiologue.
Il existe enfin un risque d'addiction et un mésusage du méthylphénidate qui est d’ailleurs classé sur la liste des stupéfiants. À ce titre, la prescription de méthylphénidate est strictement encadrée et la posologie et l’indication doivent être régulièrement ré-évaluées.
Il est fréquent que les patients arrêtent la prise de méthylphénidate les jours où leur performance attentionnelle n'est pas requise (congés, jours fériés, week-end) sans que cela n'ait d'influence sur l'évolution du trouble au long cours chez l’adulte.
Alternatives au méthylphénidate
Il existe enfin des molécules de seconde intention, bien que rarement prescrites lors d'une contre-indication au méthylphénidate. Ces molécules (atomoxetine, guafancine, lisdexamphétamine) présentent néanmoins une faible efficacité ainsi qu'une mauvaise tolérance . Leur prescription qui relèvent de cas très particuliers, ne doit être effectuée que par des médecins spécialisés dans la prise en charge du TDAH.