Aller au contenu principal

Soit 34,00 après déduction fiscale de 66%

Je fais un don mensuel Je fais un don IFI
Recherche, Science & Santé

Une structure cérébrale fait le lien entre troubles du sommeil et de la posture dans la maladie de Parkinson

Publié le : 24/03/2017 Temps de lecture : 1 min
parkinson sleep
Retour à la recherche

Une étude conduite par Cecile Gallea, chercheuse à l’Institut du Cerveau – ICM dans l’équipe de Marie Vidailhet et Stéphane Lehéricy, apporte de nouveaux éléments sur une structure cérébrale particulière et ses liens avec les troubles du sommeil et de la posture dans la maladie de Parkinson. Les résultats ont été publiés récemment dans Movement Disorders.

Les troubles de l’équilibre et de la posture sont une des caractéristiques de la maladie de Parkinson. Le contrôle postural est essentiel pour reprendre l’équilibre et éviter ainsi les chutes et les blessures qui y sont associées.

Une structure du cerveau, le noyau pédonculopontin, est particulièrement impliquée dans le contrôle de la marche et de l’équilibre. Elle est directement connectée aux régions motrices du cortex cérébral et des anomalies de cette région ont été identifiées chez les patients atteints de « freezing » ou blocage, une impossibilité d’avancer soudaine où les pieds restent collés au sol. En revanche, de telles anomalies n’ont jamais été étudiées dans le cas des troubles du contrôle postural.

Par ailleurs, le noyau pédonculopontin est impliqué dans la régulation du sommeil et de la vigilance, et les troubles du contrôle postural et du sommeil sont souvent concomitants.

Les troubles du contrôle postural et du sommeil/vigilance partagent-ils une origine commune, impliquant le noyau pédonculopontin ? C’est la question à laquelle ont voulu répondre les chercheurs de l’Institut du Cerveau – ICM.

Pour la première fois, une étude de neuroimagerie étudie les réseaux de ce noyau chez des patients parkinsoniens présentant des troubles du sommeil sans et avec troubles du contrôle postural, et chez des sujets sains.

Les 3 groupes de patients étaient constitués comme suit :

  • Groupe 1 : Patients présentant des troubles du sommeil et du contrôle postural
  • Groupe 2 : Patients présentant uniquement des troubles du sommeil
  • Groupe 3 : Patients ne présentant aucun de ces troubles


Leurs résultats montrent que les patients associant troubles du contrôle postural et du sommeil présentent des ajustements posturaux anticipatoires de plus longue durée. Ces ajustements sont des mécanismes mis en place par le système nerveux central pour maintenir l’équilibre en position debout lors de l’exécution de mouvements volontaires. Les connexions fonctionnelles entre le noyau pédonculopontin et les aires motrices du cortex sont également diminuées chez ces patients.

De plus, tous les patients présentant des troubles du sommeil possèdent une connectivité réduite entre le noyau pédonculopontin et une zone du cerveau liée à la vigilance. Cette réduction de connectivité est corrélée avec l’indice clinique de somnolence.

Enfin, les chercheurs ont établi une corrélation entre le dysfonctionnement du réseau de la vigilance et le niveau de connectivité dans le réseau de la locomotion du noyau pédonculopontin, chez tous les patients avec des troubles du sommeil, mais pas chez les patients ne présentant pas de troubles du sommeil ou chez les sujets sains.

L’ensemble de ces résultats apportent une meilleure compréhension du rôle du noyau pédonculopontin. Son dysfonctionnement est impliqué à la fois dans les troubles du sommeil et de la vigilance, et les troubles du contrôle postural dans la maladie de Parkinson. Les anomalies de connectivité fonctionnelles mises ici en évidence chez des sujets ayant des symptômes marqués, pourraient permettre d’identifier, en amont de l’apparition des symptômes, quels sont les patients susceptibles de développer une maladie de Parkinson sévère avec atteinte des systèmes de l’équilibre et de la vigilance.

Sources

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28164375/
Gallea C, Ewenczyk C, Degos B, Welter ML, Grabli D, Leu-Semenescu S, Valabregue R, Berroir P, Yahia-Cherif L, Bertasi E, Fernandez-Vidal S, Bardinet E, Roze E, Benali H, Poupon C, François C, Arnulf I, Lehéricy S, Vidailhet M. Mov Disord. 2017 Feb 6.

D'autres actualités qui pourraient vous intéresser

Représentation artistique des neurones. Crédit : Odra Noël.
Comment l’architecture du cortex préfrontal façonne notre créativité
Les mécanismes cognitifs et neuronaux qui sous-tendent la pensée créative sont encore mal compris. Une nouvelle étude de l’équipe FrontLab, à l’Institut du Cerveau, explore cette question de manière originale en examinant la créativité là où elle...
22.04.2026 Recherche, Science & Santé
Des mini-cerveaux en laboratoire pour comprendre l'épilepsie de l'enfant
Des mini-cerveaux en laboratoire pour comprendre l'épilepsie de l'enfant
Pourquoi une même mutation génétique provoque-t-elle une malformation cérébrale sévère chez certains patients, et pas chez d’autres ? Des chercheurs de l’équipe MOSAIC, à l'Institut du Cerveau, ont généré des organoïdes corticaux humains porteurs de...
16.04.2026 Recherche, Science & Santé
Comment les vaisseaux sanguins cérébraux se construisent après la naissance
Comment les vaisseaux sanguins cérébraux se construisent après la naissance
Des chercheurs de l'Institut du Cerveau et du CHU Sainte-Justine de Montréal révèlent pour la première fois les étapes clés de la construction vasculaire du cerveau, de la naissance à l'âge adulte. Grâce à un atlas numérique 3D baptisé Lambada, ils...
15.04.2026 Recherche, Science & Santé
TDAH : les troubles de l’attention sont associées à l’intrusion d’ondes du sommeil pendant l’éveil
TDAH : les troubles de l’attention sont associés à l’intrusion d’ondes du sommeil pendant l’éveil
Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) reste mal compris sur le plan biologique. Une étude internationale menée par des scientifiques de l’Institut du Cerveau et de l’Université Monash, en Australie, suggère que...
17.03.2026 Recherche, Science & Santé
L’IRM structurelle ne permet pas, à elle seule, de diagnostiquer la dépression
L’IRM structurelle ne permet pas, à elle seule, de diagnostiquer la dépression
L’imagerie cérébrale peut-elle révéler si une personne est touchée par la dépression ? Cette question anime la recherche depuis de nombreuses années. Des modifications de la structure cérébrale ont bien été observées chez les patients dépressifs, ce...
12.03.2026 Recherche, Science & Santé
Épilepsie temporale : une nouvelle stratégie pour corriger l’activité électrique anormale
Épilepsie temporale : une nouvelle stratégie pour corriger l’activité électrique anormale
De nombreux patients souffrent d'une épilepsie que les médicaments actuels ne parviennent pas à contrôler. L’ablation chirurgicale des zones épileptogènes n’est efficace que dans la moitié des cas, et tous n’y sont pas éligibles. Pour ces patients...
05.03.2026 Recherche, Science & Santé
Voir toutes nos actualités