Aller au contenu principal

Soit 34,00 après déduction fiscale de 66%

Je fais un don mensuel Je fais un don IFI
Recherche, Science & Santé

Motivation et effort extrême : une expérience grandeur nature !

Publié le : 25/11/2021 Temps de lecture : 1 min
Départ de l'ultratrail
Retour à la recherche

Comment nos décisions sont-elles influencées par un état de fatigue extrême ? Telle est la question à laquelle les chercheurs de l’Institut du Cerveau vont tenter de répondre, grâce à une expérience « grandeur nature » unique menée le week-end du 11 novembre à l’initiative de Benoît Mauvieux, chercheur à l’Université de Caen.

Viaduc de Clécy (Calvados), jeudi 11 novembre, 14h30, 56 hommes et femmes s’élancent pour une course à pied inédite de 156 km sur 6000 mètres de dénivelé. Certains arriveront 22 heures plus tard, d’autres mettront 42 heures pour couvrir les 156km. Mais quelle est donc leur motivation ? La principale, faire avancer la science, aller au-delà de leurs limites pour mieux comprendre comment le corps humain s’adapte à des efforts intenses et à une privation de sommeil !

Tous les 26 kms, les coureurs sont soumis à pas moins de 40 tests physiques et mentaux, allant du simple questionnaire à une échographie cardiaque en passant par des prises de sang, des mesures du pied ou encore des tests de vigilance.

Parmi les 70 chercheurs mobilisés pour « explorer » les conditions physiques et mentales des coureurs avant, pendant et après la course, Mathias PESSIGLIONE, chef de l’équipe « MOTIVATION, CERVEAU ET COMPORTEMENT », Roeland HEEREMA, Thelma LANDRON et Antonius WIEHLER, doctorants et post-doctrants, ainsi que Karim N’DIAYE, responsable opérationnel de la plateforme d’études comportementales PRISME de l’Institut du cerveau, ils ont pour objectif d’évaluer la prise de décision pour tenter de déterminer les mécanismes cérébraux qui « font tenir » ces coureurs malgré l’extrême fatigue, le manque de sommeil et la douleur.

Mais comment faire cette évaluation en moins de 5 mn tout en ayant des résultats pertinents et exploitables ?

L’hypothèse des chercheurs de l’Institut du cerveau est que notre cerveau utilise des mécanismes communs pour ignorer ce qui distrait l’attention et pour poursuivre un effort malgré la douleur et la fatigue.

A partir de cette hypothèse, les coureurs ont été soumis à des tests : 2 fois avant, 6 fois pendant et 1 fois après la course : un test de référence mesurant la force musculaire et un test critique mesurant le contrôle attentionnel.

 

Le test de contrôle attentionnel, dit Stroop numérique, consistait à comparer des chiffres présentés deux par deux, afin d’identifier le plus grand par sa valeur numérique. La difficulté est que les chiffres différaient également par leur taille à l’écran, ce qui peut induire des interférences, par exemple si le chiffre 3 est écrit en gros et le chiffre 7 en petit, comme dans l’exemple ci-dessous.

Les coureurs effectuaient plusieurs séries de 10 comparaisons, en essayant d’aller le plus vite possible sans faire d’erreur. En effet le nombre de comparaisons correctes effectuées dans un temps prédéfini donnait lieu à un classement parmi l’ensemble des coureurs. Le résultat du test témoigne donc à la fois de la motivation pour obtenir un bon classement et de la capacité à se concentrer pour ignorer les informations non pertinentes.

Toute la question dans les conditions extrêmes de cette expérience sera de déterminer l’influence de la fatigue sur ces deux composantes : va-t-on assister à une baisse de motivation ou à des perturbations attentionnelles ? Et surtout, lequel de ces deux facteurs sera le meilleur prédicteur des performances dans la course, c’est-à-dire qui parviendra à finir le parcours et en combien de temps ? 

 

Le pari des chercheurs, basé sur les travaux antérieurs de l’Equipe de Mathias PESSIGLIONE à l’Institut du Cerveau, est que « la force du mental », c’est-à-dire les capacités de contrôle attentionnel reposant sur le cortex préfrontal, sera déterminante.

 

Tous les résultats des évaluations réalisées sur ces « coureurs de l’extrême » au cours de cette expérience sont en cours d’analyse et nous vous tiendrons informés des résultats.

Tous les participants se sont prêtés à nos tests avec le sourire malgré leur extrême fatigue, mus non par la motivation de gagner mais par une envie partagée de mieux comprendre leur cerveau et de faire avancer la recherche dans ce domaine.

Karim N’DIAYE

D'autres actualités qui pourraient vous intéresser

Sclérose en plaques : identification d’une nouvelle molécule favorisant la remyélinisation
Sclérose en plaques : identification d’une nouvelle molécule favorisant la remyélinisation
Une molécule dont les effets étaient, jusqu’ici, étudiés dans le cadre des troubles du sommeil et du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, révèle pour la première fois son potentiel dans des modèles expérimentaux de sclérose en plaques...
22.01.2026 Recherche, Science & Santé
VignetteActu WBHF 2026
World Brain Health Forum 2026
Plus d’une personne sur trois sera confrontée, au cours de sa vie, à une maladie du cerveau. Cette réalité, identifiée par l’Organisation mondiale de la santé comme une priorité majeure de santé publique, invite à une mobilisation internationale sans...
12.01.2026 Événements
Une nouvelle approche pour évaluer les patients en état de conscience altérée
Une nouvelle approche pour évaluer les patients en état de conscience altérée
Dans les unités de soins intensifs, certains patients apparemment inconscients se trouvent dans une zone grise dans leur rapport au monde. Pour mieux les diagnostiquer et prédire leurs capacités de récupération, Dragana Manasova, Jacobo Sitt et leurs...
08.01.2026 Recherche, Science & Santé
Ne plus penser à rien : vers une signature cérébrale du blanc mental
Ne plus penser à rien : vers une signature cérébrale du blanc mental
Et si le flux de nos pensées s’interrompait parfois ? Esteban Munoz-Musat, Lionel Naccache, Thomas Andrillon et leurs collègues à l’Institut du Cerveau et à l’Université Monash, à Melbourne, montrent que la sensation de ne penser à rien est bel et...
26.12.2025 Recherche, Science & Santé
Deux nouvelles certifications pour les plateformes de l’Institut du Cerveau
Deux nouvelles certifications pour les plateformes de l’Institut du Cerveau
Les plateformes de l’Institut du Cerveau viennent de recevoir deux nouvelles certifications : la certification ISO 9001 pour la plateforme ICM Quant et la certification ISO 20387 pour la Banque ADN & Cellules.
14.11.2025 Institutionnel
La dépression résistante possède une signature moléculaire spécifique
La dépression résistante possède une signature moléculaire spécifique
Une étude internationale publiée dans Brain, Behavior, and Immunity révèle que les patients atteints de dépression résistante aux traitements (DRT) présentent un profil biologique nettement distinct de ceux qui répondent aux antidépresseurs. Plus de...
31.10.2025 Recherche, Science & Santé
Voir toutes nos actualités