Maëlys Solal, post-doctorante au sein de l’équipe Aramis dirigée par Ninon Burgos et Olivier Colliot, vient de recevoir le 20e Prix Jeunes Talents L’Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science France. Cette distinction récompense l’excellence de ses travaux de recherche à l’interface entre intelligence artificielle, imagerie cérébrale et neurologie, ainsi que son engagement en faveur d’une meilleure représentation des femmes dans les sciences.
Créé en 1998, le Prix L’Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science France fait partie du programme L’Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science, un programme qui s’appuie sur une approche intergénérationnelle permettant de contribuer à combler l’écart entre les genres dans le domaine scientifique.
Parmi les 823 candidatures représentant 73 nationalités, 35 prix ont été décernés cette année.
Mettre l’intelligence artificielle au service de la médecine
Après un parcours mêlant mathématiques et informatique à l'École polytechnique, Maëlys Solal se spécialise en intelligence artificielle à Oxford, puis en sciences cognitives à l'École normale supérieure. Elle rejoint l’Institut du Cerveau (Sorbonne Université) pour y poursuivre une thèse en neurosciences computationnelles qu'elle vient de soutenir.Elle débute un post-doc dans la même équipe.
Ses travaux portent sur le développement de l’intelligence artificielle pour l’analyse d’imagerie cérébrale. Elle développe des outils pour aider les médecins à détecter des anomalies sur des images cérébrales, par exemple une tumeur ou les premiers signes de la maladie d'Alzheimer. Ces outils permettent aussi de mieux comprendre les maladies neurologiques à grande échelle, en analysant de grandes quantités de données.
À court terme, l’enjeu est méthodologique : améliorer la robustesse et la fiabilité des modèles pour détecter des anomalies avec plus de précision, et être à la hauteur des exigences du milieu médical.
À plus long terme, le défi est d’intégrer ces outils dans la pratique clinique quotidienne pour permettre un diagnostic plus précoce, améliorer la prise en charge des patientes et des patients, rendre cette expertise accessible aux centres de santé moins spécialisés et ainsi réduire les inégalités d’accès aux soins, quel que soit le lieu de prise en charge (l’hôpital ou la région).
Inspirer les futures générations de scientifiques
Au-delà de ses travaux de recherche, Maëlys Solal est engagée dans des actions d’enseignement et de médiation scientifique auprès notamment de lycéennes et lycéens. Elle souhaite encourager davantage de jeunes filles à s’orienter vers les carrières scientifiques.
Pour elle, une meilleure représentativité des femmes permet de renforcer la qualité même de la recherche scientifique en multipliant les approches, les idées et les sujets étudiés.
Cette distinction du programme L’Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science vient saluer un parcours d’excellence, fondé sur l’interdisciplinarité, l’innovation et la volonté de mettre les avancées de l’intelligence artificielle au service des patientes et des patients.
L’ensemble des équipes de l’Institut du Cerveau adresse ses plus sincères félicitations à Maëlys Solal pour cette belle reconnaissance.
Que représente l'obtention de cette bourse pour vous ?
L'obtention de cette bourse représente une reconnaissance de mon travail de chercheuse, mais aussi de mon engagement au-delà du laboratoire, notamment à travers mes activités de médiation scientifique.
J'y vois aussi une belle opportunité d'inspirer à mon tour d'autres jeunes filles à se lancer dans les sciences. J'ai eu la chance de croiser le chemin de scientifiques inspirantes, qui m'ont donné l'envie et la légitimité de poursuivre cette voie. J'espère pouvoir, à mon échelle, leur transmettre cette même conviction : elles ont toute leur place dans le monde scientifique.
Et à titre personnel, j'espère aussi que ce programme m'aidera moi-même à gagner en confiance. Comme beaucoup de femmes en sciences, je me heurte parfois à certaines barrières mentales. Ce prix est un formidable encouragement à continuer d'oser, et à affirmer pleinement ma place de scientifique.
Dans votre parcours, avez-vous rencontré ou été témoin de difficultés en tant que femme ?
La sous-représentation des femmes en informatique et les stéréotypes entourant cette discipline m'ont freinée dans mon parcours. Pendant longtemps, il m'a été difficile de trouver des modèles auxquels m'identifier et dans lesquels me projeter, ce qui a nourri chez moi certaines barrières mentales et une forme d'autocensure. Puis j'ai découvert de belles communautés et associations de femmes en sciences, qui m'ont enfin permis de me sentir à ma place, et qui m'ont beaucoup portée et inspirée depuis.
Sur ce sujet, des progrès restent à accomplir. Il est essentiel de continuer à donner de la visibilité aux femmes scientifiques, pour que d'autres jeunes filles puissent s'identifier et se projeter dans ces métiers dès le plus jeune âge. Cette meilleure représentativité permettrait aussi une meilleure science : la diversité enrichit les approches et les idées, et elle replacerait la santé des femmes au cœur de la recherche, alors que certaines populations restent encore trop sous-représentées dans les études médicales, ce qui entraîne des conséquences directes sur leur prise en charge.
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