L’alliance européenne CURE-ND annonce le lancement de CURE-ND4ALS, une initiative ambitieuse et centrée sur les patients pour lutter contre la sclérose latérale amyotrophique (SLA). Soutenu par le Fonds Invincible Été d’Olivier Goy, entrepreneur atteint de la maladie et ambassadeur de l’Institut du Cerveau, ce programme vise à lever les principaux verrous scientifiques, technologiques et cliniques qui freinent encore le développement de traitements efficaces.
Vendredi 29 mai s’est tenue à l’Institut du Cerveau la réunion de lancement de l’initiative Cure-ND4ALS, porté par l’Alliance européenne CURE-ND (Catalyzing a United Response in Europe for Neurodegenerative Diseases) - réunissant l’Institut du Cerveau, le DZNE (Deutsches Zentrum für Neurodegenerative Erkrankungen), Mission Lucidity (Leuven Brain Institute) et le UK Dementia Research Institute.
À l'initiative de l'Institut du Cerveau et sous l’impulsion de sa directrice générale, Pr. Stéphanie Debette, ce programme permet aux quatre partenaires de franchir une nouvelle étape en unissant leurs forces autour d’un objectif commun : accélérer la découverte et la traduction clinique de nouvelles approches thérapeutiques pour la SLA.
La SLA, une maladie complexe, encore sans solution thérapeutique
La sclérose latérale amyotrophique (SLA), également appelée maladie de Charcot, est une maladie neurodégénérative rapidement progressive qui entraîne une paralysie puis une insuffisance respiratoire en quelques années. Malgré des avancées importantes dans la compréhension de la génétique et de la pathologie moléculaire de la SLA, il existe un nombre très restreint de traitements autorisés à l’échelle mondiale comme le Riluzole, approuvé en 1995 et présentant une efficacité limitée prolongeant la vie de deux à quatre mois, et Tofersen, un oligonuclétotide anti-sens développé récemment et utilisé chez des patients porteurs d’une mutation du gène SOD1.
Les défis actuels incluent l’hétérogénéité biologique et génétique de la maladie, les retards de diagnostic, l’absence d’outils biomarqueurs permettant une détection précoce et un suivi de la progression, les limites de la stratification des patients et le faible nombre de patients atteints de SLA participant aux essais cliniques.
Une stratégie intégrée pour lever les verrous de la recherche
En présence d’Olivier Goy, cette réunion de lancement a été l’occasion de présenter et préciser les axes stratégiques du projet, d’approuver la structure de gouvernance ainsi que la constitution du comité de pilotage.
Les partenaires prévoient une approche intégrée, alignant ressources, méthodes et expertises interdisciplinaires, et couvrant l’ensemble du continuum de recherche, de la compréhension de la maladie jusqu’aux recherches translationnelles, cliniques et épidémiologiques. L’ambition affichée est de favoriser des découvertes majeures et de générer un impact clinique décisif.
L’initiative s’articule autour de trois axes complémentaires.
- Le premier vise à mieux caractériser la diversité de la maladie, en harmonisant à l’échelle européenne des cohortes de patients phénotypés très précisément. En croisant données cliniques, imagerie cérébrale et analyses biologiques et génétiques, les chercheurs ambitionnent d’identifier de nouveaux biomarqueurs et de mieux comprendre les mécanismes sous-jacents à la progression de la maladie.
- Le deuxième axe consiste à accélérer la validation de nouvelles pistes thérapeutiques grâce à des modèles cellulaires humanisés issus de patients. Ces traitements ciblent notamment des mécanismes clés de la SLA, tels que les anomalies de la protéine TDP-43, les mutations du gène C9orf72 ou encore les processus neuro-inflammatoires, afin de sélectionner plus rapidement les approches les plus prometteuses.
- Le troisième axe prévoit le déploiement à l’échelle européenne de la plateforme d’essais cliniques MND-SMART, un dispositif innovant permettant de tester simultanément plusieurs traitements dans un cadre adaptatif. Coordonné notamment depuis l’Institut du Cerveau pour son déploiement européen, ce modèle vise à accélérer l’évaluation clinique des candidats thérapeutiques et à faciliter l’accès des patients aux essais.
Un rôle clé pour l’Institut du Cerveau et les équipes françaises
Au sein de cette initiative, l’Institut du Cerveau joue un rôle structurant, à la fois dans la coordination scientifique et dans le développement des essais cliniques en Europe. Ses équipes s’appuient sur des cohortes de patients d’ampleur exceptionnelle, incluant des patients symptomatiques et présymptomatiques, ainsi que sur une expertise reconnue en recherche clinique, en biomarqueurs et en modélisation des maladies neurologiques.
Au moins quatorze chercheurs et cliniciens de l’Institut du Cerveau participeront au programme de recherche CURE-ND4ALS.
Afin d’identifier des biomarqueurs génétiques, biologiques et en neuro-imagerie, les Drs Pierre-François Pradat, Giorgia Querin et Isabelle Le Ber, ainsi que les Prs Danielle Seilhean et François Salachas, suivent une cohorte de 1 500 patients caractérisés sur les plans clinique et biologique, ainsi que l’une des plus importantes cohortes présymptomatiques au monde.
La Pr Gaëlle Bruneteau dirige l’infrastructure de recherche clinique dédiée à la SLA à l’Institut du Cerveau et a conduit plus de 20 essais cliniques au cours des cinq dernières années.
Séverine Boillée, Delphine Bohl ainsi que d’autres membres de l’équipe DecodALS (Stéphanie Millecamps, Maria del Mar Amador, Christian Lobsiger) et Morwena Latouche ont investi des ressources importantes dans le développement de modèles cellulaires humanisés permettant d’étudier les interactions complexes entre cellules cérébrales dans la SLA, notamment grâce à des systèmes de co-culture à long terme dérivés de cellules iPSC et à des organoïdes cérébraux neuro-immuns.
Mathieu Barbier, au sein de l’équipe d’Isabelle Le Ber, mène des recherches sur la variabilité clinique dans les cohortes SLA / DFT.
Enfin, Sophie Tezenas, dans l’équipe ARAMIS, conçoit des approches informatiques, mathématiques et statistiques pour l’analyse multimodale des données issues de patients atteints de SLA.
Une initiative soutenue par les patients et tournée vers l’impact
CURE-ND4ALS bénéficie du soutien du Fonds Invincible Été, porté par Olivier Goy, patient atteint de SLA et ambassadeur de l’Institut du Cerveau Son engagement très actif contribue à accélérer la mise en œuvre du programme et à fédérer des financements complémentaires.
Au-delà de ses objectifs scientifiques, le projet affirme une ambition forte : placer les patients au cœur de la recherche, en favorisant leur participation aux études et en intégrant leurs besoins dans la conception des essais cliniques.
Doté d’un budget de 2,49 millions d’euros sur cinq ans, CURE-ND4ALS vise à construire une infrastructure européenne durable, capable d’accélérer le développement de traitements et de transformer la recherche sur la SLA à long terme. Le consortium bénéficiera dès la première année de financements complémentaires des autres partenaires de l’alliance.
En lançant CURE-ND4ALS, l’alliance CURE-ND pose les bases d’un écosystème de recherche intégré, rapide et collaboratif, au service des patients et de l’innovation thérapeutique.
CURE-ND en bref
L’alliance CURE-ND, créée en 2020, rassemble quatre instituts nationaux de premier plan — le Deutsches Zentrum für Neurodegenerative Erkrankungen (DZNE), Mission Lucidity au sein du Leuven Brain Institute (ML-LBI), le UK Dementia Research Institute (UK DRI) et le Paris Brain Institute (PBI) — dans le but de relever conjointement le défi urgent posé par les maladies neurodégénératives.
Avec plus de 2 500 chercheurs et cliniciens-chercheurs, les partenaires de CURE-ND sont solidement ancrés dans les écosystèmes nationaux de recherche académique et hospitalière. Ils bénéficient de financements combinant dotations structurelles, subventions compétitives, soutiens privés et philanthropie.
Pour en savoir plus sur la maladie de Charcot
La maladie de Charcot (SLA)
La Sclérose Latérale Amyotrophique (SLA) ou « Maladie de Charcot » est une pathologie neuromusculaire progressive et fatale caractérisée par la mort progressive des neurones moteurs, neurones qui commandent entre autres la marche, la parole, la...
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