Aller au contenu principal

Soit 34,00 après déduction fiscale de 66%

Je fais un don mensuel Je fais un don IFI
Recherche, Science & Santé

Journée mondiale de la maladie de Parkinson

Publié le : 11/04/2014 Temps de lecture : 1 min
Chercheur à l'Institut du Cerveau
Retour à la recherche

À l’occasion de la Journée Mondiale de la maladie de Parkinson le 12 avril, l’Institut du Cerveau - ICM fait le point sur les axes de la recherche.

Prévalence et description

La maladie de Parkinson est la maladie neurodégénérative la plus fréquente après la maladie d’Alzheimer et la première cause de syndrome parkinsonien. Elle touche 150 000 personnes en France dont 8000 nouveaux cas chaque année. Exceptionnelle avant 50 ans, son apparition augmente après 60 ans. Son incidence est légèrement plus élevée chez les hommes que chez les femmes à tous les âges de la vie. Dépistée en 1817 par le médecin anglais James Parkinson, il s’agit d’une affection neurodégénérative chronique à évolution lente qui se caractérise par la mort d’une population de neurones, présents dans la substance noire. Ces neurones, appelés dopaminergiques, produisent une molécule chargée de transmettre l’information entre les neurones, la dopamine, neurotransmetteur indispensable au contrôle des mouvements du corps. La disparition progressive de ces neurones et par conséquent la diminution de la concentration de dopamine sont à l’origine de la maladie. Les symptômes moteurs apparaissent quand environ 60-80% de ces neurones sont détruits.

 
Les symptômes caractéristiques de la maladie sont essentiellement des troubles moteurs qui se traduisent par une akinésie (lenteur des mouvements), une rigidité ou hypertonie des muscles, et des tremblements lents et peu amples, signe prédominant de la pathologie.

 

Évolution et traitements actuels

Cette maladie entraine une invalidité et une réelle perte d’autonomie chez la personne qui en est atteinte. Plusieurs traitements sont actuellement disponibles et permettent une amélioration de la qualité de vie et une diminution des symptômes. Cependant, ces médicaments ne sont efficaces que sur une partie des patients et, fondamentalement, ne permettent pas la guérison de cette maladie. Cette situation est due en partie au diagnostic trop tardif des lésions cérébrales occasionnées, à un moment où elles sont devenues difficilement réparables. En effet, au moment des premiers symptômes de la maladie, près de 80 % des neurones de la substantia nigra (substance noire), la petite région du cerveau détruite par la maladie, sont déjà perdus. La maladie évolue dans le temps et dans l’espace : d’autres neurones vont mourir en plus des neurones dopaminergiques et les stigmates histo-pathologiques se situent d’abord dans les parties basses du cerveau puis diffusent pour atteindre le cortex cérébral à un stade avancé de la maladie. Outre la stimulation cérébrale profonde, le traitement actuel consiste à restaurer les concentrations normales de dopamine ou à utiliser des mimétiques de la dopamine appelés des agonistes. Comme pour la maladie d’Alzheimer et la plupart des grandes maladies du système nerveux, des difficultés majeures subsistent pour arriver à de nouvelles thérapies. Il faut tout d’abord comprendre au niveau cellulaire les mécanismes de la maladie pour pouvoir les bloquer. Ensuite, il faut pouvoir diagnostiquer la maladie suffisamment tôt pour que les traitements puissent être efficaces ; il faut enfin identifier les différentes formes de la maladie, chacune pouvant nécessiter un traitement particulier.

 La stimulation cérébrale profonde dans la maladie de Parkinso

La réponse de l’Institut du Cerveau - ICM

L’espoir de bloquer la progression de la maladie de Parkinson – Interview du Dr. Étienne Hirsch

 

 

 

 

L’équipe du Pr Alexis Brice aborde la problématique de la compréhension des mécanismes avec des familles atteintes de formes familiales de la maladie de Parkinson. L’étude du patrimoine génétique de ces familles lui a déjà permis d’identifier des gènes majeurs dans le développement de la maladie, dont celui de la parkine. En identifiant le fonctionnement des protéines codées par ces gènes et leurs rôles dans les cellules nerveuses, son équipe a pu montrer des anomalies de forme et de fonction des mitochondries. Récemment, l’équipe a publié des travaux de recherche qui permettent d’identifier les étapes précoces d’un mécanisme qui pourrait être responsable de la mort neuronale dans la maladie de Parkinson.

 

Pour ralentir l’évolution de la maladie, l’équipe du Dr Étienne Hirsch s’est intéressée aux mécanismes moléculaires et cellulaires de la mort des neurones dopaminergiques. Si on sait qu’une concentration trop forte de calcium est impliquée dans la mort neuronale, une trop faible concentration de calcium l’est également d’où la possibilité d’utiliser des molécules qui agissent sur l’homéostasie du calcium. Ces chercheurs ont montré le rôle crucial de la neuro-inflammation dans la maladie : l’équipe a progressé dans l’étude des interactions entre les neurones dopaminergiques et les cellules du système immunitaire. En effet, les phénomènes neuroinflammatoires contribuent à perpétuer les processus de mort neuronale. Etienne Hirsch et Stéphane Hunot ont pu montrer le rôle des lymphocytes et identifier les signaux de souffrance des neurones dopaminergiques. Ces découvertes ouvrent des voies thérapeutiques prometteuses car elles permettent, sur la base d’une compréhension fine de la maladie, d’identifier les molécules efficaces pour la soigner.

 

Pour affiner le diagnostic de la maladie et en séparer les différentes formes, l’équipe du Pr. Marie Vidailhet constitue des cohortes c’est à dire des groupes de patients, sains ou malades, suivies pendant plusieurs années pour identifier les marqueurs prédisant l’arrivée de la maladie, qu’il s’agisse de marqueurs sanguins, de neuroimagerie ou d’autres facteurs. Le Professeur Vidailhet est par ailleurs une experte de toutes les formes de dystonies, pour lesquelles elle a obtenu des améliorations spectaculaires en utilisant la stimulation cérébrale profonde (un dispositif miniaturisé permettant de stimuler l’action des neurones dans les régions d’intérêt du cerveau).

 

Le Pr Stéphane Lehéricy et Daniel Garcia-Lorezo, chercheur dans l’équipe de Marie Vidailhet, étudient le lien entre les troubles du sommeil paradoxal et la maladie de Parkinson. Ainsi, ils ont pu mettre en évidence un nouveau marqueur précoce dans la maladie. Ces travaux ouvrent de nouvelles possibilités de diagnostiquer de façon précoce le développement de la maladie de Parkinson.

 

Grâce au dialogue constant entre médecins et chercheurs, des observations cliniques ont déjà permis d’identifier des candidats médicaments prometteurs, évalués dans le Centre d’Investigation Clinique (CIC) de l’Institut du Cerveau - ICM. En janvier, sous la direction du Dr Jean-Christophe Corvol, Directeur du CIC, AETIONOMY a débuté. Ce projet vise à développer une nouvelle façon de classifier les maladies d’Alzheimer et de Parkinson dans le but d’organiser les données pour développer de nouveaux médicaments et thérapies.

D'autres actualités qui pourraient vous intéresser

Traitements anti-Alzheimer
Traitements anti-Alzheimer : un effet bénéfique à long terme sur les symptômes
À l’heure actuelle, on ne dispose d’aucun traitement curatif de la maladie d’Alzheimer. Les traitements disponibles en France (et non remboursés) sont dits symptomatiques, c’est-à-dire qu’ils agissent sur les conséquences de la maladie, et non sur sa...
18.02.2026 Recherche, Science & Santé
État de mal épileptique
État de mal épileptique : de nouvelles connaissances acquises grâce aux données de santé nationales
Forme la plus grave de l’épilepsie, l’état de mal épileptique constitue une urgence neurologique à très haut risque. Pourtant, son épidémiologie reste mal connue, notamment en France. En exploitant les données de l’Assurance Maladie, réunies dans le...
16.02.2026 Recherche, Science & Santé
Sclérose en plaques : identification d’une nouvelle molécule favorisant la remyélinisation
Sclérose en plaques : identification d’une nouvelle molécule favorisant la remyélinisation
Une molécule dont les effets étaient, jusqu’ici, étudiés dans le cadre des troubles du sommeil et du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, révèle pour la première fois son potentiel dans des modèles expérimentaux de sclérose en plaques...
22.01.2026 Recherche, Science & Santé
VignetteActu WBHF 2026
World Brain Health Forum 2026
Plus d’une personne sur trois sera confrontée, au cours de sa vie, à une maladie du cerveau. Cette réalité, identifiée par l’Organisation mondiale de la santé comme une priorité majeure de santé publique, invite à une mobilisation internationale sans...
12.01.2026 Événements
Une nouvelle approche pour évaluer les patients en état de conscience altérée
Une nouvelle approche pour évaluer les patients en état de conscience altérée
Dans les unités de soins intensifs, certains patients apparemment inconscients se trouvent dans une zone grise dans leur rapport au monde. Pour mieux les diagnostiquer et prédire leurs capacités de récupération, Dragana Manasova, Jacobo Sitt et leurs...
08.01.2026 Recherche, Science & Santé
Ne plus penser à rien : vers une signature cérébrale du blanc mental
Ne plus penser à rien : vers une signature cérébrale du blanc mental
Et si le flux de nos pensées s’interrompait parfois ? Esteban Munoz-Musat, Lionel Naccache, Thomas Andrillon et leurs collègues à l’Institut du Cerveau et à l’Université Monash, à Melbourne, montrent que la sensation de ne penser à rien est bel et...
26.12.2025 Recherche, Science & Santé
Voir toutes nos actualités