En janvier 2026, l’Institut du Cerveau a organisé le World Brain Health Forum, événement international placé au cœur des célébrations de son 15e anniversaire. Sur trois jours, du 14 au 16 janvier, près de 80 speakers internationaux et plus de 1 000 participantes et participants se sont retrouvés à Paris, à l’Institut du Cerveau, à la Maison de l’Unesco et à l’Académie des sciences, pour réfléchir, débattre et poser les bases d’une action collective en faveur de la santé cérébrale. L’événement a marqué un tournant majeur dans la manière dont la santé cérébrale est appréhendée à l’échelle mondiale.
Le 15 janvier, le Forum a réuni à l’Unesco un large panel de personnalités reconnues à l’échelle mondiale : scientifiques, décideurs publics, politiques, représentants d’institutions internationales, acteurs clés du secteur privé et organisations gouvernementales. Parmi les intervenants de haut niveau figuraient notamment Son Excellence Ban Ki-moon, huitième Secrétaire général des Nations unies, le docteur Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé, Khaled El-Enany, Directeur général de l’Unesco, ainsi que de nombreux chercheurs et experts internationaux de premier plan.
Ces prises de parole ont porté une conviction partagée : la santé cérébrale ne peut plus être considérée comme un enjeu strictement médical ou scientifique. Elle constitue l’un des grands défis contemporains, à la croisée de la santé publique, du développement économique, de la cohésion sociale et de la soutenabilité de nos sociétés. Comme l’a rappelé Serge Weinberg, Président de l'Institut du Cerveau lors du discours d’ouverture, « le cerveau est le premier capital de nos sociétés : le capital de l’éducation, du travail, de l’innovation et, de plus en plus, de la soutenabilité économique ».
Faire de la santé cérébrale un véritable enjeu
Les chiffres évoqués au cours du Forum ont mis en lumière l’ampleur de cet enjeu. En Europe, près de 165 millions de personnes vivent aujourd’hui avec un trouble neurologique ou psychiatrique, pour un coût estimé à près de 800 milliards d’euros par an pour les systèmes de santé et de protection sociale. À l’échelle mondiale, plus d’un tiers de la population sera concerné au cours de sa vie par une pathologie cérébrale, tandis que les investissements en recherche et en innovation restent largement inférieurs à l’impact humain, social et économique de ces maladies.
Les travaux du World Brain Health Forum ont permis de croiser des perspectives disciplinaires variées, allant des neurosciences fondamentales à la santé publique, en passant par l’intelligence artificielle, les politiques de prévention, l’économie de la santé et les enjeux d’équité. Ils ont mis en évidence un double mouvement : d’un côté, une accélération sans précédent des connaissances scientifiques et des outils technologiques ; de l’autre, une prise de conscience politique et sociétale encore insuffisante face à l’ampleur des besoins.
Dans son intervention, la directrice générale de l’Institut du Cerveau, la Pr Stéphanie Debette, a rappelé que « nous disposons aujourd’hui des outils scientifiques et technologiques pour transformer radicalement la compréhension, la prévention et la prise en charge des maladies du cerveau, mais que ces avancées n’auront d’impact réel que si elles s’inscrivent dans des stratégies collectives, coordonnées et soutenues à l’échelle internationale ». Elle a souligné l’importance de renforcer les passerelles entre recherche, soins, innovation et politiques publiques, afin de faire émerger des réponses concrètes et équitables aux enjeux de santé cérébrale.
Une étape clé
La journée du 16 janvier a marqué une étape clé de cette ambition, avec l’élaboration d’un « Framework for action for Brain Health », destiné à structurer des recommandations communes à destination des gouvernements, des institutions internationales et des acteurs économiques. Ce cadre de réflexion vise à mieux articuler recherche, soins, innovation et politiques publiques, dans une logique de prévention, d’accès équitable aux diagnostics et aux traitements, et d’investissement durable dans la santé cérébrale.
Au-delà de l’événement lui-même, le World Brain Health Forum a ainsi posé les bases d’un mouvement collectif, fondé sur une idée simple mais structurante : la santé cérébrale doit devenir une priorité mondiale, au même titre que les grandes causes environnementales, éducatives ou climatiques. Comme l’a résumé S. E. Ban Ki-moon dans son discours, « garantir à chaque personne, dans chaque pays, la possibilité d’atteindre son plein potentiel cognitif, émotionnel et social est l’une des conditions essentielles du progrès humain au XXIe siècle ».
Toutes les vidéos de l'événement sont à retrouver dans la playlist dédiée sur notre chaine Youtube.
Cliquez ici