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Dans le coin du ciboulot

Dans le coin du ciboulot : Peut-on avoir un bleu au cerveau ?

Dans le coin du ciboulot : Peut-on avoir un bleu au cerveau ?
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Alyah demande à François Stefanescu, médecin et chercheur à l’Institut du Cerveau, si le cerveau peut avoir des bleus si on se cogne à la tête. Le médecin lui explique comment le crâne protège le cerveau, ce qu’est un choc à la tête et comment faire pour l’éviter.

Crâne : comment le cerveau est-il protégé des chocs ?

Le crâne joue un rôle essentiel dans la protection du cerveau, un organe particulièrement fragile. Pourtant, en cas de choc violent à la tête, le cerveau peut subir des lésions, notamment des saignements parfois comparés à un « bleu ». Mais comment cela est-il possible alors que le cerveau est aussi bien protégé ?

Peut-on vraiment avoir un « bleu » au cerveau ?

Oui, un choc important à la tête peut provoquer ce que l’on appelle communément un « bleu » au cerveau. En médecine, il peut s’agir d’une contusion cérébrale, c’est-à-dire d’une lésion du tissu cérébral provoquée par un traumatisme.

Pour comprendre ce phénomène, il faut d’abord savoir ce qu’est un bleu. Le sang circule dans notre corps grâce à de petits tuyaux appelés vaisseaux sanguins. Lorsqu’un choc suffisamment important survient, certains de ces vaisseaux peuvent se rompre. Du sang s’échappe alors dans les tissus environnants, provoquant une tache qui peut être rouge, violette, puis changer progressivement de couleur.

Un phénomène comparable peut se produire au niveau du cerveau après un traumatisme crânien, c’est-à-dire une blessure provoquée par un choc à la tête.

Comment le crâne protège-t-il le cerveau ?

Le cerveau est particulièrement bien protégé. Il est situé à l’intérieur du crâne, une structure osseuse solide qui forme une véritable enveloppe autour de lui.

Mais le cerveau n'est pas directement collé aux parois du crâne. Il est entouré et baigné par un liquide appelé liquide céphalo-rachidien (LCR). Ce liquide contribue notamment à amortir les mouvements et les chocs.

Un cerveau qui « flotte » dans le crâne

Le cerveau est un organe mou. Lorsque la tête bouge, le liquide céphalo-rachidien contribue à éviter qu'il ne heurte directement les parois du crâne.

Cependant, cette protection n'est pas absolue. Lorsqu'un choc est particulièrement violent, le cerveau peut se déplacer brutalement à l'intérieur du crâne et entrer en contact avec ses parois. Il peut alors être soumis à des forces importantes susceptibles de provoquer des lésions.

C'est notamment ce qui peut se produire lors d'un traumatisme crânien important.

Où peuvent apparaître les lésions après un choc à la tête ?

Lors d'un traumatisme crânien violent, le cerveau peut être secoué dans différentes directions. Les lésions ne se situent donc pas nécessairement exactement à l'endroit où la tête a reçu le coup.

Des saignements ou des contusions peuvent notamment apparaître entre le crâne et le cerveau, au niveau du tissu cérébral lui-même ou même du côté opposé à celui où la tête a été frappée.

Ce phénomène s'explique par le mouvement du cerveau à l'intérieur du crâne. Lors d'un choc important, il peut se déplacer et heurter les différentes parois internes du crâne.

Tous les coups à la tête provoquent-ils un traumatisme crânien grave ?

Heureusement, non. Les petits chocs involontaires que l'on reçoit quotidiennement à la tête ne provoquent généralement pas de contusion cérébrale.

Le risque est davantage associé à des chocs violents, à des impacts qui se produisent à grande vitesse ou encore à des traumatismes qui se répètent fréquemment.

La gravité d'un traumatisme crânien dépend notamment de la violence du choc et de ses conséquences sur le cerveau.

Quels signes doivent alerter après un choc ?

Il n'est pas possible de savoir simplement en regardant une personne si elle présente une lésion à l'intérieur du crâne. Certains symptômes doivent cependant inciter à consulter rapidement.

Après un choc à la tête, il faut notamment être attentif à l'apparition de :

  • fortes douleurs à la tête
  • une sensibilité inhabituelle à la lumière ou au bruit
  • des vertiges ou une sensation que la tête tourne
  • des nausées ou des vomissements
  • des difficultés à parler
  • une grande fatigue ou une sensation de faiblesse
  • des changements inhabituels de comportement, comme une irritabilité importante.

Si de tels signes apparaissent après un choc à la tête, il est important de consulter un médecin. Dans certaines situations, une prise en charge à l'hôpital et des examens complémentaires peuvent être nécessaires pour rechercher d'éventuelles lésions.

Pourquoi le casque protège-t-il le crâne et le cerveau ?

Le casque constitue une protection importante lorsqu'une activité expose la tête à des chocs ou à des chutes. Il fonctionne en partie comme une armure pour le cerveau, en contribuant à absorber une partie de l'énergie du choc.

Le port du casque est particulièrement important à vélo, en trottinette, en roller ou encore au ski. Plus généralement, dès qu'une activité implique de la vitesse ou présente un risque de chute sur la tête, il est essentiel de prendre des précautions pour protéger son crâne.

Protéger le crâne, c'est contribuer à protéger le cerveau, un organe indispensable au fonctionnement de tout le corps.

Ce qu'il faut retenir sur le crâne et les chocs

Le crâne constitue une première protection essentielle du cerveau, complétée notamment par le liquide céphalo-rachidien qui contribue à amortir les mouvements. Malgré ces protections, un choc très violent peut provoquer un traumatisme crânien et entraîner des lésions cérébrales.

La plupart des petits chocs ne provoquent heureusement pas de « bleu » au cerveau. En revanche, après un choc important, certains symptômes comme des maux de tête intenses, des vomissements, des vertiges, des difficultés à parler ou un changement inhabituel de comportement doivent conduire à demander un avis médical.

Enfin, la prévention reste essentielle : porter un casque lors des activités à risque permet de mieux protéger le crâne et le cerveau contre les chocs.