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Dans le coin du ciboulot

Dans le coin du ciboulot : Est-ce que c’est vrai qu’on peut marcher en dormant ?

Est-ce que c’est vrai qu’on peut marcher en dormant ?
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Elia demande à la neurologue et chercheuse à l’Institut du Cerveau, Ana Gales, si l’on peut marcher en dormant comme on le voit parfois dans les films et les dessins animés. La chercheuse lui explique ce qu’est le somnambulisme, ce qu’il se passe dans le cerveau et pourquoi ce phénomène touche de nombreux enfants.  

Somnambulisme : comment peut-on marcher en dormant ?

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le cerveau ne s’éteint pas complètement lorsque nous dormons. Son activité évolue au fil de la nuit et toutes ses régions ne fonctionnent pas exactement de la même manière au même moment.

Pour expliquer ce qui se passe pendant le somnambulisme, Ana Gales propose d’imaginer le cerveau comme une grande maison. Au moment de s’endormir, les lumières s’éteignent progressivement dans les différentes pièces. Mais, pendant la nuit, certaines peuvent se rallumer alors que d’autres restent plongées dans l’obscurité.

C’est un peu ce qui se produit lors d’un épisode de somnambulisme : certaines régions du cerveau restent en sommeil profond tandis que d’autres connaissent un réveil partiel. Les zones qui commandent les mouvements peuvent alors s’activer, permettant à la personne de s’asseoir dans son lit, de se lever, de parler ou même de marcher.

Le somnambulisme ne ressemble donc pas nécessairement aux scènes des dessins animés. Contrairement aux représentations habituelles, les personnes somnambules ne marchent pas systématiquement les bras tendus devant elles.

Peut-on parler en dormant sans en avoir conscience ?

Oui, une personne peut parler pendant un épisode de somnambulisme. Toutefois, ses paroles sont souvent décousues ou difficiles à comprendre. Elle peut également se déplacer sans avoir pleinement conscience de ses actions.

Cela s’explique par le fait que les régions cérébrales qui permettent d’être pleinement conscient de ce que l’on fait sont encore endormies. Certaines fonctions sont donc actives, tandis que d’autres ne sont pas complètement réveillées.

Ces épisodes soulèvent une question : la personne se souvient-elle de ce qu’elle a fait ou dit pendant la nuit ? Dans le cas de certains phénomènes associés au sommeil profond, la personne peut ne conserver aucun souvenir de l’épisode au réveil. Elle n’a alors pas nécessairement conscience de s’être levée, d’avoir parlé ou de s’être déplacée pendant son sommeil.

Le somnambulisme est-il fréquent chez les enfants ?

Le somnambulisme est relativement fréquent chez les enfants. Il peut également toucher les adultes, mais les épisodes ont souvent tendance à disparaître avec l’âge.

Le cerveau évolue en effet tout au long du développement. En grandissant, il apprend progressivement à mieux organiser son fonctionnement, notamment pendant le sommeil. C’est l’une des raisons pour lesquelles le somnambulisme observé pendant l’enfance disparaît souvent avec le temps.

Il reste néanmoins important de prendre certaines précautions lorsqu’une personne se lève et se déplace alors qu’elle n’est pas pleinement consciente de ses mouvements.

Comment réagir face à une personne somnambule ?

Le principal réflexe consiste à veiller à sa sécurité. Pendant un épisode, une personne somnambule peut trébucher, tomber dans un escalier ou se blesser en se déplaçant sans avoir pleinement conscience de son environnement.

Si cela arrive à un enfant qui dort chez vous, il est préférable de prévenir ses parents ou de le raccompagner doucement jusqu’à son lit, tout en évitant les situations dangereuses.

Il est également essentiel de ne pas se moquer de la personne. Le somnambulisme est un phénomène lié au fonctionnement du sommeil, et non un comportement volontaire.

Terreurs nocturnes : quels autres phénomènes peuvent survenir pendant le sommeil ?

Le somnambulisme appartient à une famille de troubles du sommeil appelés parasomnies. Ces phénomènes correspondent à des comportements ou à des expériences inhabituels qui surviennent pendant le sommeil ou lors de transitions entre sommeil et éveil.

Les terreurs nocturnes en font partie et sont également fréquentes chez les enfants. Pendant un épisode, un enfant peut se mettre à crier, à pleurer ou sembler extrêmement effrayé en pleine nuit. La scène peut être impressionnante pour les parents, qui peuvent avoir l’impression que leur enfant fait un cauchemar particulièrement intense.

Pourtant, selon Ana Gales, ces manifestations ne signifient pas nécessairement que l’enfant souffre. Une partie de son cerveau reste en sommeil profond pendant l’épisode. Au réveil, il ne garde généralement aucun souvenir de ce qui s’est passé.

Les terreurs nocturnes et le somnambulisme illustrent ainsi la complexité du sommeil : même lorsque nous dormons, notre cerveau poursuit son activité, et certaines fonctions peuvent se manifester alors que d’autres restent endormies.

Comment favoriser un sommeil de qualité ?

Il n’est pas toujours possible d’empêcher le somnambulisme ou les autres parasomnies. Cependant, quelques habitudes peuvent aider le cerveau à mieux fonctionner pendant la nuit.

Ana Gales souligne notamment l’importance de dormir suffisamment et de conserver des horaires de sommeil réguliers. Ces habitudes contribuent à préserver un rythme de sommeil adapté.

Le sommeil n’est donc pas une simple période pendant laquelle le cerveau s’arrête de fonctionner. Il s’agit d’un état complexe, au cours duquel son activité évolue et où différentes régions ne sont pas nécessairement synchronisées de la même manière.

Comprendre les phénomènes comme le somnambulisme permet de mieux appréhender le fonctionnement du cerveau pendant la nuit. Et pour favoriser de bonnes nuits de sommeil, un principe reste essentiel : offrir à son cerveau suffisamment de repos, avec des horaires réguliers.