Le 15 septembre 2026, l'Institut du Cerveau a accueilli la quatrième édition de la BrainTech Alliance, un rendez-vous international réunissant chercheurs, cliniciens, entrepreneurs, investisseurs et industriels engagés dans la transformation des neurosciences. Une édition particulièrement symbolique puisqu'il s'agissait de la première réunion de la BrainTech Alliance organisée en France. Cette rencontre a mis en lumière les grands défis qui structurent aujourd'hui l'écosystème mondial des neurosciences : la collecte des données, leur valorisation par l'intelligence artificielle, l'identification de biomarqueurs utilisables en pratique clinique et les conditions nécessaires au passage de l'innovation vers le marché.
Les données et l'IA, nouveaux moteurs de l'innovation en neurosciences
Au centre des discussions de cette édition 2026 figurait une conviction largement partagée : l'avenir des neurosciences reposera sur la qualité des données et sur la capacité des acteurs du domaine à les exploiter de manière responsable grâce à l'intelligence artificielle.
Dans sa conférence d'ouverture, Ira Hebold Haraldsen (PhD, MD, AI-Mind Project Coordinator, BrainSymph Chair) a rappelé que « l'Intelligence Artificielle amplifie à la fois la valeur et les faiblesses de nos jeux de données » et que la question centrale n'est pas uniquement technologique, mais concerne aussi la manière dont les données sont gouvernées et interprétées.
Selon elle, les maladies neurologiques ne doivent plus être appréhendées comme des instantanés mais comme des processus évolutifs intégrés à l'ensemble du système biologique. Les bases de données de demain devront ainsi refléter cette complexité.
Cette vision a trouvé un écho particulier lors des échanges consacrés à la collecte et au partage des données. Les intervenants ont souligné la nécessité de renforcer les collaborations internationales et de rendre les bases de données réutilisables entre pays et entre pathologies afin d'accélérer la recherche et l'innovation neuroscientifique, deux ambitions inscrites dans la feuille de route stratégique que déploie actuellement l’Institut du Cerveau.
Le modèle européen, un atout pour attirer les investissements
Les discussions ont également mis en avant une spécificité européenne souvent considérée comme un avantage compétitif : une approche de la donnée de santé fondée sur la confiance, la qualité scientifique et l'intégration au parcours de soin.
L'Europe dispose d'écosystèmes de recherche particulièrement riches, de cohortes cliniques structurées et d'un cadre réglementaire exigeant qui favorise un usage sécurisé des données.
Loin d'être un frein, cette approche peut devenir un puissant levier d'attractivité pour les investisseurs à la recherche d'innovations robustes, validées cliniquement et capables de produire un impact réel pour les patients.
Les échanges ont ainsi illustré le potentiel d'un modèle dans lequel les données ne constituent pas une fin en soi, mais un outil permettant d'améliorer la prévention, d'identifier de nouveaux biomarqueurs, de personnaliser les traitements et, à terme, d'anticiper l'évolution des maladies neurologiques.
Au-delà de ses atouts propres, l'Europe tire également sa force de sa capacité à construire des ponts avec les écosystèmes les plus dynamiques au monde, notamment aux États-Unis. Les échanges au sein de la BrainTech Alliance ont ainsi souligné combien la collaboration transatlantique constitue aujourd'hui un accélérateur essentiel pour le développement de nouvelles technologies. En combinant l'excellence scientifique européenne, ses infrastructures de recherche et son approche rigoureuse de la donnée de santé avec la puissance d'investissement et la capacité de mise à l'échelle des acteurs américains, cette coopération représente un levier stratégique majeur. Pour l'Europe, elle constitue non seulement un facteur d'attractivité pour les investisseurs internationaux, mais également une opportunité de renforcer sa position comme pôle mondial d'innovation en santé cérébrale.
Construire ensemble la prochaine génération d'innovations
La dernière session de la journée, consacrée au passage de l'innovation au marché, a rappelé que le développement de solutions performantes repose avant tout sur la collaboration.
Pour le Pr Jean-Christophe Corvol, Directeur médical de l’Institut du Cerveau, la collecte des données nécessite l'implication conjointe des patients, des médecins, des institutions et des décideurs publics. Il a également souligné l'importance de renforcer la confiance entre les différents acteurs et de trouver des partenaires partageant les mêmes objectifs.
Les intervenants ont également insisté sur la nécessité de développer des technologies mobiles et facilement déployables, tout en gardant une priorité claire : répondre à un besoin clinique concret avant de chercher à mettre en avant la technologie elle-même.
En choisissant Paris et l’Institut du Cerveau pour sa première édition française, la BrainTech Alliance a affirmé sa volonté de s’appuyer sur les forces d l’écosystème européen pour accélérer l’innovation en neurologie et psychiatrie. L'Institut du Cerveau se félicite quant à lui d’avoir offert un espace de dialogue privilégié entre recherche, soin, industrie et investissement. Une étape importante pour renforcer la place de l'Europe dans la révolution de la santé cérébrale et faire émerger un modèle d'innovation fondé sur la coopération, la confiance et la valorisation responsable des données au bénéfice des patients.
Cette journée a également permis au startup-studio NeuraL de nouer de nouveaux liens avec des acteurs clés de l'écosystème, renforçant ainsi notre réseau et notre position au cœur de cette dynamique d'innovation. Une étape importante pour renforcer la place de l'Europe.